Frise chronologique
1225
Première mention écrite
Première mention écrite
1225 (≈ 1225)
Renaud de Montfaucon fortifie le site.
1361
Prise par les Anglais
Prise par les Anglais
1361 (≈ 1361)
Guerre de Cent Ans, reconstruction ultérieure.
1606
Achat par Sully
Achat par Sully
1606 (≈ 1606)
Modernisation des fortifications et logis.
1636–1646
Travaux de Jean Sarrazin
Travaux de Jean Sarrazin
1636–1646 (≈ 1641)
Forteresse rendue imprenable pour Condé.
1651–1652
Siège de la Fronde
Siège de la Fronde
1651–1652 (≈ 1652)
11 mois de résistance, reddition par famine.
1736
Destruction ordonnée
Destruction ordonnée
1736 (≈ 1736)
Château transformé en carrière de pierre.
1969
Début des fouilles
Début des fouilles
1969 (≈ 1969)
Redécouverte progressive des vestiges.
1988
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1988 (≈ 1988)
Protection des éléments subsistants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour de l'Horloge ; massif carré de la tour de l'Emir ; Grand Cavalier ; sortie de secours, y compris le saut-de-loup ; sols et substructures correspondant partiellement à l'emprise de l'ancienne forteresse (cad. AV 125, 126, 128, 141, 146, 150 à 154, 167, 168, 172) : classement par arrêté du 14 novembre 1988 ; Salle souterraine au fond du fossé avec embrasures de tir (cad. AV 137) : inscription par arrêté du 14 novembre 1988 ; Vestiges dégagés de la haute-cour (cad. AV 141) : inscription par arrêté du 14 novembre 1988 ; Demi-lune du Cavalier (butte de terre) (cad. AV 154) : inscription par arrêté du 14 novembre 1988 ; Ravelin d'Orval (butte de terre) (cad. AV 162) : inscription par arrêté du 14 novembre 1988 ; Mur en élévation (cad. AV 168) : inscription par arrêté du 14 novembre 1988 ; Sous-sol, sol et murs en élévation (murs de soutènement du demi-bastion, de la fausse-braie et de la grande terrasse : grande galerie souterraine) , à l'exception du bâtiment élevé au 19s (cad. AV 169) : inscription par arrêté du 14 novembre 1988 ; Fossé et mur en élévation du demi-bastion de l'entrée (cad. AV 240) : inscription par arrêté du 14 novembre 1988
Personnages clés
| Renaud de Montfaucon - Seigneur et constructeur |
Fortifie le château en 1225. |
| Charles II d'Albret - Seigneur reconstructeur |
Rebâtit le château au XVe siècle. |
| Maximilien de Béthune, duc de Sully - Ministre d'Henri IV |
Modernise le château en 1606. |
| Henri II de Bourbon-Condé - Prince et propriétaire |
Renforce les fortifications (1621–1652). |
| Louis II de Bourbon-Condé (Grand Condé) - Stratège militaire |
Y passe sa jeunesse, supervise les travaux. |
| Jean Sarrazin - Architecte militaire |
Conçoit les fortifications bastionnées (1636–1646). |
Origine et histoire
Le château de Montrond, édifié au XIIIe siècle (première mention en 1225) par Renaud de Montfaucon, était à l’origine une forteresse féodale sur le Mont Rond, entre le Cher et la Marmande. Stratégique pendant la guerre de Cent Ans, il est pris par les Anglais en 1361 avant d’être reconstruit au XVe siècle par Charles II d’Albret, qui y ajoute douze tours et un donjon de 40 mètres. Sa résistance aux assauts ultérieurs en fait une place réputée.
Au XVIIe siècle, le château passe entre les mains de figures majeures : Sully l’acquiert en 1606 et le modernise en creusant des fossés dans le roc, puis Henri II de Bourbon-Condé (père du Grand Condé) en fait une place imprenable grâce à l’architecte Jean Sarrazin (1636–1646). Ce dernier y intègre des fortifications avancées (ravelins, redoutes), préfigurant les travaux de Vauban. Le château, doté de trois enceintes bastionnées, joue un rôle clé pendant la Fronde : assiégé pendant 11 mois (1651–1652), il capitule par la famine, marquant le dernier siège d’une place forte française lors d’un conflit civil de l’Ancien Régime.
Après la Fronde, Louis XIV ordonne son démantèlement (partiellement exécuté faute de poudre). Au XVIIIe siècle, Mademoiselle de Charolais, ne pouvant assumer son entretien, le fait détruire en 1736 pour servir de carrière aux habitants. Les ruines disparaissent sous un jardin public en 1827, mais des fouilles actives depuis 1969 révèlent progressivement ses fondations. Aujourd’hui, des vestiges comme la Tour de l’Horloge ou le Grand Cavalier sont protégés (classés en 1988), tandis que des pierres ouvragées du château se retrouvent incrustées dans les murs de la ville.
Le site conserve une mémoire locale forte, notamment à travers des éléments architecturaux dispersés, comme un entourage de cheminée monumental reconverti en fenêtre. Les fouilles, menées par des archéologues et des volontaires, visent à restituer l’emprise originale du château, bien que certaines fortifications, enfouies sous des constructions modernes, restent inaccessibles. Le château illustre ainsi les transformations militaires (du donjon médiéval aux bastions modernes) et les bouleversements politiques de la France pré-révolutionnaire.