Origine et histoire du Château de Montrond-le-Fort
Le château de Montrond tire son nom du Mont Rond, un relief volcanique dominant la plaine du Forez. Dès le XIIe siècle, une fortification nommée castrum montais rondunti y est attestée, appartenant aux comtes de Forez. En 1302, le comte Jean Ier de Forez échange le site avec Arthaud III de Saint-Germain, dont la famille (devenue d'Apchon par alliance) entreprend vers 1325 la construction d’un château fort. Ce dernier, austère forteresse médiévale, est transformé en résidence Renaissance au XVIe siècle grâce au mariage d’Arthaud VII avec Marguerite d’Albon, sœur du maréchal Jacques d’Albon et proche de la cour de François Ier.
Les guerres de Religion marquent profondément le château : pillé en 1562 par les Huguenots du baron des Adrets, puis occupé par la Ligue, il est repris en 1594 par le maréchal d’Ornano pour Henri IV. La famille d’Apchon-Montrond, fidèle à la couronne, conserve le domaine jusqu’en 1730, date de leur départ pour Paris. Le dernier marquis, Antoine-Louis-Claude, est guillotiné en 1793, et le château, occupé par des contre-révolutionnaires, est incendié la même année par les troupes de Claude Javogues. La lignée s’éteint en 1807, laissant le château à l’abandon.
Au XIXe siècle, le site est démantelé par Victor Dugas, maître de forges, qui en fait une carrière de pierres. Racheté par la famille de Boissieu-Prunelé, il reste en ruine jusqu’à sa sauvegarde en 1969 par l’Association des Amis du château. Depuis 1984, il appartient à la commune de Montrond-les-Bains. Les vestiges, inscrits aux monuments historiques en 1934 et 1946, incluent un logis du XVe siècle aux fenêtres à meneaux, des cheminées et une tour de flanquement. Une fête médiévale y est organisée depuis 1999.
Les fouilles archéologiques, comme celles dirigées par Laurent D’Agostino en 2007, ont permis de mieux comprendre l’enceinte basse et la cour. Le site, partiellement reconstruit, illustre l’évolution d’une forteresse médiévale en résidence seigneuriale, avant son déclin à l’époque moderne. Aujourd’hui, il témoigne à la fois de l’architecture militaire du Forez et des bouleversements politiques et religieux qui ont marqué la région.