Frise chronologique
1263
Première mention de la famille de Montrottier
Première mention de la famille de Montrottier
1263 (≈ 1263)
Acte signé à Lovagny citant la famille.
1425
Vente à Amédée VIII de Savoie
Vente à Amédée VIII de Savoie
1425 (≈ 1425)
Cédé par le dernier des Grésy.
1427
Achat par Pierre de Menthon
Achat par Pierre de Menthon
1427 (≈ 1427)
Début des travaux du donjon et logis.
1596
Érection en baronnie
Érection en baronnie
1596 (≈ 1596)
Sous la famille Menthon-Montrottier.
1796
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1796 (≈ 1796)
Achat par un consortium genevois.
1916
Légs à l’Académie florimontane
Légs à l’Académie florimontane
1916 (≈ 1916)
Par Léon Marès, dernier propriétaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Donjon ; corps de logis des Chevaliers ; tour de la Religieuse : classement par arrêté du 1er septembre 1919 ; Terrains entourant le château, limités au Nord et à l'Est par la crête de la Grande Fosse, à l'Ouest par le mur de clôture du parc et au Sud par le chemin reliant Pontverre-Haut à Pontverre-Bas : classement par arrêté du 5 janvier 1935 ; Bâtiments composant le château sauf parties classées ; ferme (cad. B 478 à 480) : inscription par arrêté du 3 novembre 1987
Personnages clés
| Pierre de Menthon - Bailli du Genevois et ambassadeur de Savoie |
Acheteur en 1427, rénovateur du château. |
| Amédée VIII de Savoie - Duc de Savoie |
Propriétaire éphémère en 1425-1427. |
| Léon Marès - Collectionneur et légataire |
Propriétaire de 1906 à 1916. |
| Joseph Serand - Premier conservateur du musée |
Organisateur des collections en 1919. |
| Victor Frerejean - Maître de forges et propriétaire |
Acheteur en 1876, finalise l’escalier. |
Origine et histoire
Le château de Montrottier, édifié entre les XIIIe et XVe siècles sur un piton rocheux dominant les gorges du Fier, était à l’origine une maison forte stratégique contrôlant la route entre Chambéry et Genève. Son donjon cylindrique, ses logis et sa tour carrée (« Tour des Religieuses ») illustrent l’architecture militaire savoyarde, avec des remaniements majeurs aux XVIIIe et XIXe siècles, notamment sous l’impulsion des familles Menthon-Montrottier, Dufour et Frèrejean.
La famille de Montrottier, citée dès 1263, cède le château aux Grésy en 1266, puis à Amédée VIII de Savoie en 1425. Ce dernier le vend en 1427 à Pierre de Menthon, qui entreprend d’importants travaux : construction du donjon, des logis des Chevaliers et des Comtes, et réfection des courtines. Le château reste dans cette famille jusqu’à la Révolution, érigé en baronnie (1596) puis en comté (1632).
Vendu comme bien national en 1796, le château passe entre les mains de familles genevoises (Dufour, Rochette) avant d’être acquis en 1876 par Victor Frerejean, maître de forges lyonnais. En 1906, Léon Marès, collectionneur passionné, en hérite et lègue le domaine à l’Académie florimontane en 1916. Celle-ci y installe un musée en 1919, mettant en valeur ses collections d’armes, tapisseries, porcelaines et objets d’art extrême-oriental, aujourd’hui labellisées « Musée de France ».
Le château se distingue par son enceinte pentagonale du XIIIe siècle, son donjon de 35 mètres de haut aux mâchicoulis imposants, et ses logis Renaissance restaurés au XIXe siècle. La « Salle des Chevaliers », avec son plafond à caissons et sa cheminée monumentale, témoigne du faste médiéval. Les jardins en terrasses, aménagés au XIXe siècle par la famille de Rochette, complètent ce site classé Monument historique (donjon, logis et tour classés en 1919 ; terrains en 1935).
Les collections, rassemblées par Léon Marès, incluent des tapisseries flamandes du XVIIIe siècle, des sculptures religieuses des XVe et XIIIe siècles (comme une Vierge de pitié ou une Pietà en bois polychrome), et des bronzes de la Renaissance allemande. Le domaine, toujours géré par l’Académie florimontane, fait l’objet de recherches publiées annuellement dans la Revue Savoisienne, perpétuant l’héritage de Joseph Serand et Julien Coppier.