Crédit photo : Ce fichierest l’œuvre deEmmanuel Dissais Merci de - Sous licence Creative Commons
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Frise chronologique
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
…
1800
1900
2000
Xe siècle
Première mention du château
Première mention du château Xe siècle (≈ 1050)
Texte historique évoquant le site.
1369
Mort de Jean Chandos
Mort de Jean Chandos 1369 (≈ 1369)
Sénéchal du Poitou enterré à Morthemer.
XIVe siècle
Construction ou reprise du donjon
Construction ou reprise du donjon XIVe siècle (≈ 1450)
Période supposée des travaux initiaux.
vers 1865
Restauration par Émile Boeswillwald
Restauration par Émile Boeswillwald vers 1865 (≈ 1865)
Transformation néo-gothique majeure du château.
1927
Classement du donjon
Classement du donjon 1927 (≈ 1927)
Inscription aux monuments historiques.
2008
Classement de l'ensemble
Classement de l'ensemble 2008 (≈ 2008)
Protection étendue à tous les bâtiments.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le donjon de Morthemer : inscription par arrêté du 18 mars 1927 - L 'ensemble des bâtiments en totalité (petit château, communs, murs d'enceinte) ainsi que le sol des parcelles CL 84 à 86 sur lesquelles ils sont situés : inscription par arrêté du 14 mai 2008
Personnages clés
Émile Boeswillwald - Architecte restaurateur
Disciple de Viollet-le-Duc, transformateur du château.
Jean Chandos - Sénéchal du Poitou
Connétable d’Aquitaine enterré à Morthemer.
Origine et histoire
Le château de Morthemer, situé à Valdivienne dans le département de la Vienne, trouve ses origines dans une première mention remontant au Xe siècle. Cependant, sa structure actuelle est principalement le fruit d’une restauration majeure menée vers 1865 par l’architecte Émile Boeswillwald, disciple de Viollet-le-Duc. Ce dernier, connu pour ses interventions sur des monuments historiques, a profondément transformé l’édifice pour lui donner une allure médiévale stylisée, typique du XIXe siècle. Le château se compose de deux parties distinctes : un donjon quadrangulaire aux contreforts tourelles et un « petit château » rectangulaire, accolé à la nef de l’église Notre-Dame. Ces éléments, bien que partiellement datés du XVIIe siècle pour le corps principal, ont été réinterprétés dans un style néo-gothique, avec des ajouts comme un parapet crénelé sur faux mâchicoulis, entièrement recréé par Boeswillwald.
L’intérieur du château a également bénéficié d’une décoration néo-gothique, reflétant les tendances romantiques de l’époque, qui idéalisaient le Moyen Âge. Le donjon, inscrit aux monuments historiques dès 1927, puis l’ensemble des bâtiments en 2008, illustre cette volonté de reconstituer un passé glorifié. Le site est ceint par des communs et un pavillon d’entrée ouvrant sur un parc, renforçant son aspect de forteresse pittoresque. La restauration a aussi intégré l’église voisine, ancienne collégiale romane des XIe et XIIe siècles, créant un ensemble architectural cohérent qui domine le paysage local.
Le château de Morthemer s’inscrit dans un contexte historique plus large, marqué par la présence anglaise en Poitou pendant la guerre de Cent Ans. La région, traversée par des conflits et des alliances changeantes, a vu des figures comme Jean Chandos, sénéchal du Poitou et connétable d’Aquitaine, jouer un rôle clé. Chandos, mortellement blessé en 1369 près de Lussac-les-Châteaux, fut enterré à Morthemer, liant ainsi le site à cette période troublée. La restauration du XIXe siècle, en s’inspirant de modèles médiévaux, a cherché à perpétuer cette mémoire, tout en répondant aux goûts esthétiques de l’époque, mêlant histoire et réinvention architecturale.
Au-delà de son architecture, le château est un témoin des transformations sociales et économiques de la région. Valdivienne, commune rurale de la Vienne, a connu une évolution démographique et agricole marquée, passant d’une économie traditionnelle à une diversification incluant tourisme et préservation patrimoniale. Le château, avec son parc et ses dépendances, incarne cette transition, entre héritage médiéval et adaptations modernes. Son classement et sa restauration reflètent aussi une prise de conscience patrimoniale croissante, visant à préserver les traces d’un passé à la fois local et national.
Enfin, le château de Morthemer s’intègre dans un paysage naturel et historique riche, incluant la vallée de la Vienne et des sites classés comme le bois de Mazère. Ces éléments environnementaux, couplés à la présence de vestiges industriels et religieux, offrent un cadre à la fois préservé et dynamique. Le monument, par son histoire et son architecture, reste un point d’ancrage pour la mémoire collective, tout en s’ouvrant à de nouvelles vocations, comme le tourisme culturel ou les événements locaux.
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