Frise chronologique
Début XIe siècle
Extension du donjon
Extension du donjon
Début XIe siècle (≈ 1104)
Bâtiment ajouté à l’est du donjon.
Fin Xe - début XIe siècle
Premières constructions en *opus spicatum*
Premières constructions en *opus spicatum*
Fin Xe - début XIe siècle (≈ 1125)
Base du donjon et haute-cour datées.
Décembre 1290
Mariage de Louis Ier de Nevers
Mariage de Louis Ier de Nevers
Décembre 1290 (≈ 1290)
Union avec Jeanne de Rethel au château.
XIIIe siècle
Rénovation par les comtes de Nevers
Rénovation par les comtes de Nevers
XIIIe siècle (≈ 1350)
Rebâtiment du donjon et réaménagement.
1383-1390
Travaux de défense
Travaux de défense
1383-1390 (≈ 1387)
Restauration financée par la Bourgogne.
1424-1440
Résidence des enfants ducaux
Résidence des enfants ducaux
1424-1440 (≈ 1432)
Philippe le Bon et Bonne d’Artois.
1463-1464
Rédaction du droit coutumier nivernais
Rédaction du droit coutumier nivernais
1463-1464 (≈ 1464)
Par le comte de Nevers.
1475
Conflit royal-bourguignon
Conflit royal-bourguignon
1475 (≈ 1475)
Siège du château et de la ville.
1768
Extension sud du château
Extension sud du château
1768 (≈ 1768)
Édification d’un ensemble composite.
1853
Achat par Victor Moreau
Achat par Victor Moreau
1853 (≈ 1853)
Restauration romantique des ruines.
17 juin 1993
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
17 juin 1993 (≈ 1993)
Protection officielle du site.
2006
Rachat par la municipalité
Rachat par la municipalité
2006 (≈ 2006)
Transfert depuis Saint-Honoré-les-Bains.
2008-2010
Rénovation du mur sud
Rénovation du mur sud
2008-2010 (≈ 2009)
Travaux sur le logis.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château, les écuries, le pavillon du régisseur, en totalité ; les façades et toitures (structures porteuses) du bâtiment de ferme ; le potager et les murs de soutènement (cad. D 491 à 494, 496 à 498) : inscription par arrêté du 16 août 2006
Personnages clés
| Louis Ier de Nevers - Comte de Nevers |
Marié au château en 1290. |
| Philippe le Bon - Duc de Bourgogne |
Ses enfants y grandirent (1424-1440). |
| Bonne d’Artois - Duchesse de Bourgogne |
Épouse de Philippe le Bon. |
| Victor Moreau - Notaire et propriétaire (XIXe) |
Restaura le château (1853-1879). |
| Comte de Nevers (1463) - Auteur du droit coutumier |
Rédigea le texte au château. |
Origine et histoire
Le château de Moulins-Engilbert, aussi appelé le Vieux Château, est un édifice médiéval dont les premières constructions datent de la fin du Xe et du début du XIe siècle, comme l’attestent des analyses au carbone 14. Ces vestiges, en opus spicatum, se trouvent dans la base du donjon et dans la haute-cour. Au début du XIe siècle, un bâtiment est ajouté à l’est du donjon, s’appuyant sur celui-ci. Ces éléments primitifs révèlent une occupation ancienne, bien avant les réaménagements ultérieurs.
Au XIIIe siècle, le château et ses terres passent sous le contrôle du comte de Nevers. Cette période marque un réaménagement majeur du site, incluant la reconstruction du donjon. Un événement notable a lieu en décembre 1290 : le mariage de Louis Ier de Nevers avec Jeanne de Rethel, célébré dans l’enceinte du château. Ces transformations reflètent l’importance stratégique et symbolique du lieu pour la noblesse locale.
Entre 1383 et 1390, la chambre des comptes du Duché de Bourgogne finance d’importants travaux de restauration des défenses et des bâtiments, attestant de son rôle militaire et administratif. De 1424 à 1440, le château abrite les enfants ducaux issus du mariage de Philippe le Bon et Bonne d’Artois. En 1463-1464, le comte de Nevers y rédige le premier droit coutumier nivernais, adopté définitivement en 1534. Cependant, en 1475, le site devient un enjeu lors des conflits entre troupes royales et bourguignonnes pour le contrôle de la ville.
À partir du XVIIIe siècle, le château se dégrade progressivement. Ses tours d’entrée servent même de prison, avant que la Révolution française ne le transforme en bien national, vendu comme tel. En 1853, Victor Moreau, un notaire local, acquiert les ruines et entreprend des travaux de préservation inspirés par le romantisme : il aménage des espaces de circulation, plante des arbres (dont un pin laricio encore visible), restaure la baie est en 1877 et ajoute un bassin en 1879 dans la basse-cour. Son action vise à conserver l’aspect pittoresque des lieux.
Depuis le XVIIIe siècle, le château abrite un potager et un verger. Dans les années 1950, un petit jardin public est créé autour de l’ancien bassin, ouvrant le site au public. Classé monument historique en 1993, il est racheté par la municipalité de Moulins-Engilbert en 2006. Depuis, l’« association des amis du Vieux Château » et la commune œuvrent à sa valorisation, avec des rénovations comme celle du mur sud du logis entre 2008 et 2010. Le site reste un témoignage des évolutions architecturales et historiques de la Nièvre.
Les fouilles et études archéologiques, comme celles publiées en 2009 par la DRAC de Bourgogne, ont permis de préciser les phases de construction et d’occupation du château. Celui-ci illustre ainsi près d’un millénaire d’histoire, des origines médiévales aux restaurations contemporaines, en passant par son rôle dans les conflits féodaux et son adaptation aux usages agricoles et publics.