Origine et histoire
Le château de Nanteuil, situé à Huisseau-sur-Cosson dans le Loir-et-Cher, est un monument privé dont les origines seigneuriales remontent au moins au XIIe siècle. Un document de 1749 évoque Geoffroi Barbelle, seigneur de Nanteuil vers 1151, mais c’est surtout à partir du XVIe siècle que la famille Courtin, écuyers et conseillers du roi, marque l’histoire du domaine. Ces seigneurs, comme Jean Courtin (1577-1626) ou Jacques Courtin (maintenu noble en 1667), conservent le titre jusqu’au XVIIIe siècle, avant que les biens ne soient saisis en 1738.
Au XVIIIe siècle, le château actuel est construit sur des fondations plus anciennes, au bord du Cosson, puis modifié au XIXe siècle. Il passe entre les mains de plusieurs familles, dont les Chevalier, qui le vendent à Laurent Lefèvre en 1810. Au XIXe siècle, il appartient successivement au marquis de Broc, au baron Hamelin, et aux comtes de Belot. En 1921, l’Anglais William Gardnor-Beard en fait un lieu d’accueil pour étudiants, avant que le couple de Bernard, résistants pendant la Seconde Guerre mondiale, n’y soit arrêté en 1943 pour leur engagement dans le réseau Buckmaster.
Pendant la guerre, le château est occupé par les Allemands, tandis que le comte Pierre de Bernard et son épouse, déportés à Buchenwald et Ravensbrück, reviennent en 1945 pour y reprendre leurs activités éducatives jusqu’en 1968. Le général de Gaulle y effectue une visite privée en 1949. Architecturalement, le château comprend un corps de logis de deux niveaux, un pavillon est, et une glacière en pierre. Restauré en 1975, il conserve des traces de ses transformations à travers les siècles, visibles sur des plans du XVIIIe, XIXe et cadastre napoléonien de 1827.
L’entrée du château, encadrée de colonnes et surmontée d’un fronton triangulaire, reflète son style classique. Le site, qui inclut aussi des écuries, témoigne de son évolution depuis une seigneurie médiévale jusqu’à une résidence aristocratique, puis un lieu marqué par l’histoire de la Résistance. La comtesse Anne-Marie de Bernard, nommée chevalier de la Légion d’honneur en 1955, incarne cette double mémoire, à la fois culturelle et héroïque.