Frise chronologique
1160-1190
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1160-1190 (≈ 1175)
Œuvre de Gauthier Ier de Villebéon, chambellan royal.
1274
Vente au roi Philippe III
Vente au roi Philippe III
1274 (≈ 1274)
Intégration au domaine royal après ruine des Villebéon.
1404
Nemours devient duché-pairie
Nemours devient duché-pairie
1404 (≈ 1404)
Don de Charles VI à Charles III de Navarre.
1464-1477
Transformation par Jacques d’Armagnac
Transformation par Jacques d’Armagnac
1464-1477 (≈ 1471)
Résidence de plaisance, décors sculptés ajoutés.
1672
Don à Philippe d’Orléans
Don à Philippe d’Orléans
1672 (≈ 1672)
Transformation en tribunal et prison par Louis XIV.
1903
Ouverture du Château-Musée
Ouverture du Château-Musée
1903 (≈ 1903)
Fondation par Justin-Chrysostome Sanson après restauration.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Restes de l'ancienne chapelle seigneuriale, près du château : inscription par arrêté du 14 avril 1926 ; Château ; courtine reliant le château à la tour carrée ; tour carrée et rempart qui fait suite à l'Ouest, tour ronde du Sud et rempart qui fait suite à l'Ouest ; porte d'entrée du château dite porte de Monsieur (cad. AV 120) : classement par arrêté du 10 février 1977
Personnages clés
| Gauthier Ier de Villebéon - Seigneur et chambellan royal |
Commanditaire du château (XIIe siècle). |
| Jacques d’Armagnac - Duc de Nemours (1464-1477) |
Transforme le château en résidence de plaisance. |
| Charles VI - Roi de France |
Érige Nemours en duché-pairie en 1404. |
| Louis XIV - Roi de France |
Offre le château à Philippe d’Orléans (1672). |
| Justin-Chrysostome Sanson - Sculpteur et fondateur du musée |
Ouvre le Château-Musée en 1903. |
| Victor Hugo - Écrivain |
Décrit le château en 1844 dans ses écrits. |
Origine et histoire
Le château de Nemours, situé dans le Gâtinais à l’extrême sud-est de la Seine-et-Marne, est un château-fort médiéval initié vers 1160-1190 par Gauthier Ier de Villebéon, chambellan de Louis VII et Philippe-Auguste. Positionné stratégiquement sur un gué du Loing, il servait de verrou contre le comté de Champagne, ennemi du royaume. Son donjon rectangulaire, flanqué de tourelles, et son oratoire roman-gothique témoignent de son importance symbolique et défensive. La famille Villebéon, ruinée par les croisades, le vend au roi Philippe III le Hardi en 1274, intégrant ainsi Nemours au domaine royal.
Au XVe siècle, Charles VI érige Nemours en duché-pairie pour Charles III de Navarre (1404), avant que Jacques d’Armagnac ne le transforme en résidence de plaisance (1464-1477). Ce dernier modernise l’intérieur : subdivision des étages, percements de fenêtres, et ajout de décors sculptés (accolades, moulures). Confisqué après l’exécution d’Armagnac, le château passe aux mains des Savoie (1528-1657), qui y aménagent jardins et aire de jeu de paume. Jacques de Savoie, duc de Nemours, y est immortalisé dans La Princesse de Clèves comme figure emblématique de la cour.
Au XVIIe siècle, Louis XIV offre le château à son frère Philippe d’Orléans, qui en fait un lieu de justice : cachots réaménagés, perron monumental, et portail symétrique côté rue. Après la Révolution, le monument devient bien national (1810) : école, salle de bal, théâtre, puis ateliers pour Rodin (1894, non occupés) et Justin-Chrysostome Sanson. Ce dernier y fonde le Château-Musée en 1903, classé Monument historique en 1977. Aujourd’hui, il abrite collections municipales et vestiges médiévaux exceptionnels, comme l’oratoire à voûtes ogivales ou la tour de guet de 30 mètres.
L’architecture du château reflète ses évolutions : donjon médiéval à trois niveaux (sous-sol, rez-surélevé, étage seigneurial), galerie à cinq étages, et coursive disparue contrôlant le Loing. L’oratoire, joyau de transition roman-gothique, se distingue par ses chapiteaux sculptés (feuilles d’acanthe), ses ogives de 8 mètres, et ses traces de polychromie. Les modifications des XVIIe et XIXe siècles (toitures, perron) contrastent avec les éléments défensifs originels, comme les latrines excavées ou les baies à meneaux.
Depuis le XIXe siècle, le château inspire artistes et cinéastes. Victor Hugo le décrit en 1844 comme un « manoir historique » défiguré par ses usages (prison, théâtre, sécherie). Au XXe siècle, il sert de décor à des films (Cadet-Rousselle, 1954) et séries (Nicolas le Floch, 2014-2015), ainsi qu’à des ballets (Le Rouge et le Noir, 2021). Classé parmi les 20 châteaux d’Île-de-France à visiter (Le Parisien, 2024), il allie patrimoine architectural et rôle culturel contemporain.