Origine et histoire
Le château de Nérac, situé dans le Lot-et-Garonne, est un édifice emblématique de la transition entre l’art gothique et la Première Renaissance, construit sous l’influence du style Louis XII. À l’origine, il comprenait quatre ailes entourant une cour centrale, mais seule l’aile nord, classée monument historique en 1862, subsiste aujourd’hui. Ce château fut le cœur de la cour de Jeanne d’Albret, reine de Navarre, avant d’être démantelé pendant la Révolution française. L’aile conservée abrite désormais le musée de Nérac, consacré à l’histoire des Albret et à la Renaissance.
L’histoire du château remonte à une demeure seigneuriale mentionnée dès 1088, appartenant à Arsieu d’Olbion. Au XIIe siècle, les moines de l’abbaye Saint-Pierre de Condom en deviennent propriétaires et confient sa défense à Amanieu d’Albret. En 1306, les Albret s’imposent comme seigneurs de Nérac après une transaction avec les moines. Le château est reconstruit entre les XIVe et XVIe siècles, reflétant l’apogée de cette famille, liée tantôt aux Armagnac, tantôt aux rois de France. Alain d’Albret, puis son fils Jean — devenu roi de Navarre par son mariage avec Catherine de Foix —, marquent cette période.
Le château du XVIe siècle se composait de quatre ailes distinctes : l’aile ouest, la plus ancienne, flanquée de tours rondes ; l’aile nord avec sa galerie saillante, seule conservée ; l’aile est dominant la Baïse ; et l’aile sud, construite par Jeanne d’Albret après 1560 avec des pierres issues d’églises locales. Cette dernière abritait une salle des gardes et la chambre d’Henri de Navarre. Un perron menait aux jardins royaux, bordés par un pavillon. Les dimensions des ailes variaient, avec des longueurs allant de 25 à 40 mètres. Un dessin de 1782 atteste de cette disposition avant le démantèlement révolutionnaire.
Le musée installé dans l’aile nord depuis 1934 doit son existence à deux figures locales : Georges Monbrison, collectionneur, et Anatole Faugère-Dubourg, archéologue. Armand Fallières, maire de Nérac et ancien président de la République, a facilité l’enrichissement des collections. Le musée, d’abord encyclopédique, présente aujourd’hui des objets archéologiques locaux, des souvenirs des Albret et des œuvres d’art liées à la Renaissance. Ses origines remontent à 1872, avec une installation définitive dans le château en 1934.