Origine et histoire du Château de Neuville
Le château de Neuville, situé dans le village de Neuville (aujourd’hui rattaché à Villefranche-d'Allier dans l’Allier), a été construit au milieu du XIXe siècle par la famille Souchard de Lavoreille. Il remplace un édifice plus ancien et intègre une chapelle des XIIe et XIVe siècles, ancienne église paroissiale dédiée à saint Julien de Brioude. Cette chapelle, devenue propriété privée après 1857, a été inscrite aux monuments historiques en 1984 pour ses éléments romanes, dont des colonnes et chapiteaux. Son intérieur, entièrement peint au XIXe siècle, contraste avec sa façade ouest inspirée du style roman.
La chapelle, de plan simple avec une nef unique et une abside en hémicycle, a été enrichie au fil des siècles par une chapelle sépulcrale rectangulaire et une sacristie circulaire. Son clocher hexagonal, surmonté d’une flèche, domine l’édifice. À l’abandon pendant des décennies, elle a souffert du lierre et du manque d’entretien, menaçant sa stabilité. Un projet de restauration a été lancé en 2022 pour sauver ce patrimoine, tandis que le château abrite aujourd’hui un institut médico-éducatif.
Le domaine s’étend autour du château, incluant un bois et un étang, et se situe à l’est de la route D307 reliant Villefranche-d'Allier à Venas. Bien que la propriété soit privée, la chapelle reste un témoignage rare de l’architecture religieuse médiévale dans le Bourbonnais. Son histoire reflète les transformations des lieux de culte en propriétés seigneuriales, puis en espaces dédiés à des usages contemporains comme l’éducation spécialisée.
Les peintures murales du XIXe siècle, couvrant l’intérieur de la chapelle, illustrent une volonté de modernisation esthétique tout en préservant des structures médiévales. La façade ouest, reconstruite à cette époque, imite les façades romanes avec une porte en plein cintre encadrée de colonnes lisses. Ces ajouts montrent l’influence des courants néomédiévaux du XIXe siècle sur les restaurations d’édifices anciens.
L’inscription de la chapelle aux monuments historiques en 1984 a permis de protéger ses éléments les plus remarquables : façades, toitures, colonnes romanes et chapiteaux du chœur. Malgré cette reconnaissance, l’édifice a frôlé l’écroulement avant que des initiatives récentes ne visent à le réhabiliter. Le château, quant à lui, incarne l’architecture résidentielle bourgeoise du Second Empire, avec son corps de logis symétrique flanqué de deux tours.
Aujourd’hui, le site allie patrimoine historique et fonction sociale, la chapelle étant un vestige médiéval au sein d’un domaine du XIXe siècle. Son histoire croisée — entre culte, propriété privée et restauration — en fait un exemple des enjeux de préservation dans les campagnes françaises. Les sources disponibles (Wikipedia, Monumentum) soulignent son importance locale, bien que des détails sur ses occupants historiques restent fragmentaires.