Frise chronologique
1640-1654
Construction des ailes et corps central
Construction des ailes et corps central
1640-1654 (≈ 1647)
Travaux menés par Charles de la Grange, baron de Conflans.
1775
Vente au comte Mercy d'Argenteau
Vente au comte Mercy d'Argenteau
1775 (≈ 1775)
Ambassadeur d’Autriche sous Louis XV et XVI.
1822
Acquisition par les Cornudet des Chomettes
Acquisition par les Cornudet des Chomettes
1822 (≈ 1822)
Famille d’Empire réalisant d’importants aménagements.
1952
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1952 (≈ 1952)
Protection du pavillon et balustrade du XVIIIe.
1989
Vente à l’Établissement public de Cergy-Pontoise
Vente à l’Établissement public de Cergy-Pontoise
1989 (≈ 1989)
Début de l’abandon du château.
2001
Transformation en centre de retraite
Transformation en centre de retraite
2001 (≈ 2001)
Réhabilitation par le groupe Epinomis.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pavillon du 18s, son soubassement et sa balustrade, en bordure de l'Oise, dans le parc : inscription par arrêté du 16 octobre 1952
Personnages clés
| Charles de la Grange, baron de Conflans - Seigneur et constructeur |
Fait bâtir les ailes et corps central (1640-1654). |
| Florimond, comte Mercy d'Argenteau - Ambassadeur d’Autriche |
Propriétaire en 1775, proche de Marie-Antoinette. |
| Famille Cornudet des Chomettes - Propriétaires et mécènes |
Rénovations majeures au XIXe siècle. |
| Bertrand de La Poëze d'Harambure - Dernier propriétaire privé |
Maire de Neuville, cède le château en 1989. |
| Jacques Feyte - Maire de Neuville-sur-Oise |
Initie la réhabilitation en 2001. |
Origine et histoire
Le château de Neuville-sur-Oise, situé dans le Val-d'Oise en Île-de-France, incarne sept siècles d’histoire locale et régionale. Inscrit aux monuments historiques depuis 1952, il se distingue par un fonds d’archives exceptionnel, couvrant bien au-delà de la vie locale, avec des liens marquants à l’Ancien Régime et à des familles aristocratiques influentes. Son architecture actuelle, avec deux ailes et un corps central, remonte à une reconstruction menée entre 1640 et 1654 sous Charles de la Grange, baron de Conflans, ancêtre d’Anne de La Grange-Trianon.
La seigneurie de Neuville passe entre les mains de plusieurs familles nobles, dont les Deliès de Pontoise, descendants des Valois, puis les barons de Conflans. En 1775, le domaine est vendu à Florimond, comte Mercy d’Argenteau, ambassadeur d’Autriche en France sous Louis XV et Louis XVI, chargé de surveiller Marie-Antoinette. Pendant la Révolution, le château est acquis par un négociant, Picquefeu, qui détruit les archives féodales pour effacer les traces du passé seigneurial. La propriété change à nouveau de mains en 1822, lorsque la famille Cornudet des Chomettes, issue de l’Empire et liée à des lignées prestigieuses, y entreprend d’importants travaux d’embellissement.
Au XXe siècle, Bertrand de La Poëze d’Harambure, maire de Neuville-sur-Oise et descendant des propriétaires, joue un rôle clé dans l’urbanisation locale, notamment avec la création de la Ville Nouvelle de Cergy-Pontoise. Exproprié progressivement, il cède finalement le château en 1989 à l’Établissement public de Cergy-Pontoise, qui le laisse à l’abandon jusqu’à sa transformation en centre de retraite en 2001. Les archives du domaine, réparties entre les Archives départementales du Val-d’Oise et des collections privées, offrent une rare plongée dans la vie aristocratique et institutionnelle depuis le XVIIe siècle.
Avant sa vente, le château est démeublé, et une partie de son mobilier est transférée en Autriche, au château impérial d’Artstetten. Les 220 cartons d’archives conservés retracent l’histoire de la seigneurie, du domaine et des familles qui s’y sont succédé, formant un patrimoine documentaire unique. Aujourd’hui, le château, bien que protégé, porte les stigmates de décennies de négligence, tout en restant un symbole du passé seigneurial et des transformations modernes de la région.