Origine et histoire du Château de Nobles
Le château de Nobles, situé sur la commune de La Chapelle-sous-Brancion (Saône-et-Loire) à flanc de pente, est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 9 décembre 1946. La construction se compose d’un corps de logis couvert d’un toit à croupes, flanqué à ses deux extrémités de tours rondes à toits coniques percées de canonnières en partie supérieure. La façade est, flanquée d’une tour carrée en saillie à laquelle est accolé un appentis, donne sur une cour bordée de bâtiments à usage agricole ; l’entrée fortifiée de cette cour se situe au sud. Au rez-de-chaussée du corps de logis, une porte Renaissance en plein cintre ouvre sur un large escalier à vis ; elle s’inscrit dans une travée de style toscan avec pilastres cannelés. À la gauche de cette porte, une baie jumelée, transformée tardivement en porte, est richement ornée : deux courts pilastres à chapiteaux composites, dont les fûts sont sculptés d’écailles, supportent un entablement divisé en caissons. Au premier étage, une pièce abrite une cheminée monumentale dont le linteau, orné d’un médaillon ovale entouré de cuirs et de rosaces, est porté par quatre colonnes cannelées à chapiteaux ioniques. Le château est une propriété privée et ne se visite pas.
Sur le plan historique, Agnès de Marchand est dame de Nobles et épouse Hardouin de Nanton ; leur fils Antoine de Nanton, issu d’une famille mâconnaise, est cité comme seigneur de Nobles en 1370 par héritage maternel. En 1503, Louis de Nanton, époux de Françoise de Bellecombe, est seigneur de Cruzille, d’Arcenis, de Macheron et de Nobles. À la fin du XVIe siècle, la veuve de François de Nanton, Philiberte de Feurs, femme de lettres de la Renaissance, apporte la seigneurie à Jean de La Baume par son remariage ; la famille de La Baume conserve la propriété jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Pendant la Révolution, le château, alors propriété de Florent‑Alexandre‑Melchior de La Baume, comte de Montrevel et baron de Lugny, est pillé et partiellement détruit. Lors des travaux de restauration de 1856, les vestiges des fortifications sont supprimés. En 1944, le château sert de siège à une compagnie hors rang née du développement du maquis de l’Échelette. Les blasons des familles de Nanton et de La Baume‑Montrevel illustrent successivement la seigneurie de Nobles du XIVe siècle à la Révolution.