Frise chronologique
VIIIe siècle (vers 769-785)
Donation à l’abbaye de Charroux
Donation à l’abbaye de Charroux
VIIIe siècle (vers 769-785) (≈ 777)
Roger de Limoges offre le *castrum* pour un monastère.
XIe siècle
Construction de la forteresse médiévale
Construction de la forteresse médiévale
XIe siècle (≈ 1150)
Remplace le *castrum* mérovingien.
1199
Siège par Richard Cœur de Lion
Siège par Richard Cœur de Lion
1199 (≈ 1199)
Blessure mortelle selon la tradition.
1600
Vente par Henri IV
Vente par Henri IV
1600 (≈ 1600)
Acquis par la maison de Coulonges-Pompadour.
1751-1788
Reconstruction néoclassique
Reconstruction néoclassique
1751-1788 (≈ 1770)
Dirigée par Jean-Charles de Lavie.
1850
Incendie et restauration
Incendie et restauration
1850 (≈ 1850)
Travaux majeurs après le sinistre.
9 novembre 1984
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
9 novembre 1984 (≈ 1984)
Façades, toitures et bibliothèque protégées.
2020
Restauration via Loto du patrimoine
Restauration via Loto du patrimoine
2020 (≈ 2020)
Aide de 200 000 euros (Bern + Axa).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; bibliothèque avec ses boiseries (cad. BD 377) : inscription par arrêté du 9 novembre 1984
Personnages clés
| Roger, comte de Limoges - Donateur médiéval |
Offrit le *castrum* à Charroux (VIIIe siècle). |
| Richard Cœur de Lion - Roi d’Angleterre |
Blessé lors du siège de 1199. |
| Bertrand du Guesclin - Connétable de France |
Séjourna en 1377 avant une victoire. |
| Henri IV - Roi de France |
Vendit le château en 1600. |
| Jean-Charles de Lavie - Président du Parlement de Bordeaux |
Rebâtit le château (1751-1788). |
| Stéphane Bern - Animateur, défenseur du patrimoine |
Soutien via Mission Patrimoine (2020). |
Origine et histoire
Le château de Nontron trouve ses origines au VIIIe siècle, lorsque Roger, comte de Limoges, en fit donation à l’abbaye de Charroux pour y établir un monastère. Mentionné sous les noms Castrum Netronence (769) puis Castrum Netronensem (785), le site était alors un castrum mérovingien, chef-lieu d’une division administrative du Limousin. Au XIe siècle, il fut remplacé par une forteresse médiévale, incluant donjon, tours et chapelle romane, dont subsistent aujourd’hui des caves voûtées. Le château devint ensuite une châtellenie du Périgord, liée à des événements marquants comme le siège de 1199 où Richard Cœur de Lion aurait été blessé, ou la présence de Bertrand du Guesclin en 1377 avant une victoire contre les Anglais.
Entre le XVIe et le XVIIe siècle, le château changea plusieurs fois de mains, passant des familles de Puysilhon et du Faure de la Roderie à la maison de Coulonges-Pompadour après sa vente par Henri IV en 1600. Ravagé par deux incendies (1672 et 1713), il fut entièrement reconstruit entre 1751 et 1788 par Jean-Charles de Lavie, président du Parlement de Bordeaux, sur les fondations de l’ancienne forteresse. L’édifice néoclassique, avec ses façades symétriques et son fronton sculpté, fut à nouveau restauré après un incendie en 1850, puis devint propriété de familles locales comme de La Ramière ou Lagorsse.
Classé monument historique en 1984 pour ses façades, toitures et bibliothèque aux boiseries remarquables, le château abritait de 1980 à 2003 un musée des poupées et jouets anciens. Racheté par la commune en 1984, il accueille depuis 2009 le Pôle expérimental des métiers d’art (Pema). En 2020, sa restauration fut soutenue par le Loto du patrimoine et la Fondation Axa, avec une aide totale de 200 000 euros pour sauver ses étages dégradés. Le parc en terrasses à l’est, appelé « jardin des Arts », et les vestiges médiévaux rappellent son histoire millénaire.
L’architecture actuelle mêle un plan rectangulaire à deux étages sous combles mansardés, avec un avant-corps central encadré de pilastres à bossages. À l’intérieur, un escalier monumental dessert des salles en enfilade, dont certaines conservent des lambris d’époque. Le bureau de l’Office de tourisme occupe aujourd’hui une aile sud, tandis que le château reste un symbole du patrimoine périgourdin, entre héritage médiéval et transformations modernes.