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Château de Noyen à Noyen-sur-Seine en Seine-et-Marne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château de plaisance
Seine-et-Marne

Château de Noyen

    Rue du Château
    77114 Noyen-sur-Seine
Crédit photo : Pline - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1553
Acquisition des terres
1554–1556
Construction du premier château
1675
Érection en comté
1736
Achat par Barentin de Montchal
1766–1770
Reconstruction du château
1794
Séquestre révolutionnaire
1839
Vente à Auguste Darblay
1960–2009
Protections monument historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ensemble du château proprement dit ; les douves ; le sol de la cour d'honneur et des parterres (cad. D4 404) : classement par arrêté du 11 juillet 1960 - Le parc entourant le château entre les douves et la Seine (cad. D 390 à 396, 400 à 402, 406 à 408) ainsi que les parcelles C 202 et 226 se trouvant au nord-ouest de la Vieille Seine ; la grande allée reliant le château à la R.N. 51 (cad. D 418 à 420) , y compris le vieux pont de pierre sur lequel passe cette allée : inscription par arrêté du 10 juillet 1961 - Le pavillon de chasse en totalité (cad. D 114) : inscription par arrêté du 10 octobre 2008 - Les communs du château, en totalité (cad. D 718, 403, 405) : classement par arrêté du 20 janvier 2009

Personnages clés

François de Kernevenoy - Grand Écuyer de Henri II Fonda le haras royal et commandita le premier château.
Philibert Delorme - Architecte royal Conçut le premier château (1554–1556).
Louise-Magdeleine Bertin de Vaugien - Comtesse de Montchal Reconstruisit le château actuel (1766–1770).
Charles Jean-Pierre Barentin de Montchal - Propriétaire et aménageur Créa l’avenu et modernisa le domaine au XVIIIe.
Auguste Rodolphe Darblay - Député et industriel Transforma le château en distillerie (XIXe siècle).
Félix Le François des Courtis - Dernier héritier noble Vendit le domaine en 1839 après héritage.

Origine et histoire

Le château de Noyen trouve ses origines en 1553, lorsque François de Kernevenoy, grand écuyer du roi Henri II, acquiert les terres pour y établir un haras royal. Entre 1554 et 1556, un premier château est construit par l’architecte Philibert Delorme sur fonds royaux, incluant des écuries entretenues par la couronne jusqu’en 1571. À la mort de François de Kernevenoy, le domaine passe à son fils François-Claude, puis à sa tante Marie, avant d’être transmis par mariage à la famille Fleuriot, puis aux d’Acigné au XVIIe siècle. En 1675, Louis XIV érige Noyen en comté pour Claude d’Acigné, mais faute d’héritiers, le domaine est vendu en 1715 à Corentin de Carné, puis à Charles Jean-Pierre Barentin de Montchal en 1736.

Entre 1736 et 1738, Barentin de Montchal aménage une vaste avenue bordée de peupliers et procède à des échanges de parcelles avec les fermiers locaux. À sa mort, son fils Charles-Paul et son épouse Louise-Magdeleine Bertin de Vaugien héritent du domaine. Devenue veuve en 1765, cette dernière lance une reconstruction complète du château entre 1766 et 1770, ne conservant que les communs du XVIe siècle. Elle fait raser l’ancienne bâtisse, remplacer la porte par une grille précédée d’un fossé sec, et ériger un nouveau château en grès et briques, entouré de parterres et d’un parc redessiné.

La Révolution française marque un tournant : en 1794, le propriétaire Charles Jean-Pierre, émigré avec sa famille, voit ses biens séquestrés et déclarés nationaux. La famille revient sous le Premier Empire et récupère le château, où Charles-Jean Pierre décède en 1823. Son petit-fils, Félix Le François des Courtis, hérite du domaine en 1829 mais le vend en 1839 à Auguste Rodolphe Darblay, député et maître des Postes. Ce dernier y installe une distillerie de betteraves, exploitée avec ses petits-fils Jules, Henri et Léon Muret. Après leur décès en 1906-1907, le château passe aux familles Lemercier puis Salin, restant en indivision entre les descendants jusqu’à aujourd’hui.

L’architecture du château actuel, probablement influencée par François-Nicolas Lancret (auteur du château voisin de La Motte-Tilly), se compose d’un corps central flanqué de deux ailes de communs du XVIe siècle, légèrement remaniés. Le parc de 60 hectares, traversé par une longue allée initialement bordée de peupliers (remplacés par des platanes après l’ouragan de 1861), inclut aussi une ferme et l’ancienne chapelle du premier château, devenue l’église du village. L’ensemble, protégé au titre des monuments historiques depuis 1960 et 2009, est aujourd’hui en cours de réhabilitation par la Fondation Mérimée pour une ouverture au public.

La protection du château couvre l’intégralité du domaine : le château et ses douves (classés en 1960), le parc et son allée principale (inscrits en 1961), ainsi que les communs et un pavillon de chasse (classés en 2009). Ces mesures préservent à la fois les vestiges Renaissance des communs, les aménagements du XVIIIe siècle, et le paysage historique, incluant le vieux pont de pierre sur la Vieille Seine. L’histoire du château reflète ainsi les évolutions architecturales et sociales de l’Île-de-France, des haras royaux de Henri II aux transformations agricoles du XIXe siècle.

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