Origine et histoire
Le château de Noyers-sur-Serein, édifié avant le XIe siècle par les seigneurs de Noyers, était une forteresse médiévale majeure en Bourgogne. Initialement composé d’un donjon carré et d’une chapelle, il fut agrandi au XIIIe siècle par Hugues de Noyers, évêque d’Auxerre, qui y ajouta un logis seigneurial, une triple enceinte et des fossés profonds. Transformé en une place forte moderne, il devint l’un des plus beaux châteaux de France, contrôlant un vaste réseau de fiefs.
Au XIVe siècle, Miles X de Noyers, maréchal de France et conseiller royal, céda la suzeraineté du château au duc de Bourgogne Robert II, intégrant Noyers au duché. La forteresse joua un rôle clé pendant la guerre de Cent Ans, résistants aux chevauchées anglaises et aux Grandes Compagnies. En 1366, le duc Philippe de Bourgogne y séjournait lors d’un voyage vers Avignon. La lignée des seigneurs de Noyers s’éteignit progressivement, laissant place à des propriétaires bourguignons puis royaux.
Au XVIe siècle, le château devint un enjeu des guerres de Religion sous Louis de Bourbon, prince de Condé et chef huguenot. Assiégé à plusieurs reprises, il fut pris en 1568 par les catholiques, puis repris par les protestants avant d’être démantelé sur ordre de Charles IX. Pendant la Ligue (1589-1595), il changea maintes fois de camp entre royalistes et ligueurs, notamment sous le baron de Vitteaux, connu pour sa cruauté. Henri IV ordonna sa destruction définitive en 1599 pour éviter de nouvelles révoltes.
Les ruines, partiellement conservées jusqu’au XVIIIe siècle, furent utilisées comme carrière de pierres. En 1789, le comte de Luynes vendit les dernières dépendances. Aujourd’hui, le site, fouillé et partiellement restauré depuis 1998 par des associations, révèle des vestiges de tours et de courtines. Classé parmi les forteresses les plus imposantes de Bourgogne, il témoigne d’un passé militaire et politique mouvementé.
Architecturalement, le château occupait un éperon rocheux dominant le Serein, avec une triple enceinte, plus de vingt tours et des fossés taillés dans le roc. La basse-cour abritait logements et chapelle, tandis que le donjon initial, entouré de remparts, formait le cœur défensif. Des châtelets avec pont-levis reliaient la forteresse à la ville close, elle-même protégée par des murailles. Ce dispositif en faisait une place quasi imprenable, stratégiquement située entre Champagne et Bourgogne.