Frise chronologique
XVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XVe siècle (≈ 1550)
Édifié par un bâtard de Gimel
1600
Passage à la famille de Durfort
Passage à la famille de Durfort
1600 (≈ 1600)
Changement de propriétaire noble
1701
Achat par Antoine d’Aymeric
Achat par Antoine d’Aymeric
1701 (≈ 1701)
Château abandonné depuis un siècle
années 1930
Stockage d’armes par la Cagoule
Stockage d’armes par la Cagoule
années 1930 (≈ 1930)
Armes cachées dans les souterrains
28 juin 1944
Incendie par les Allemands
Incendie par les Allemands
28 juin 1944 (≈ 1944)
Destruction partielle et mort d’un résistant
1968
Tournage du film *Le Tatoué*
Tournage du film *Le Tatoué*
1968 (≈ 1968)
Avec Louis de Funès et Jean Gabin
début XXe siècle
Restauration par le prince de Croÿ
Restauration par le prince de Croÿ
début XXe siècle (≈ 2004)
Ajout d’une aile néo-gothique
2010
Nettoyage par Kevin Cartledge
Nettoyage par Kevin Cartledge
2010 (≈ 2010)
Préparation à une restauration
2017
Achat par Étienne Cluzel
Achat par Étienne Cluzel
2017 (≈ 2017)
Vente aux enchères pour 853 000 euros
2022
Ouverture au public
Ouverture au public
2022 (≈ 2022)
Visites de juillet à septembre
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de Paluel (cad. B 80, 81) : inscription par arrêté du 5 novembre 1927
Personnages clés
| Bâtard de la famille de Gimel - Fondateur du château |
Héritier de la seigneurie au XVe |
| Prince Louis de Croÿ - Restaurateur et propriétaire |
Ajoute une aile néo-gothique au XXe |
| Jean Lassner - Propriétaire post-guerre |
Pionnier de l’anesthésie, décédé en 2007 |
| Étienne Cluzel - Propriétaire actuel |
Rachète le château en 2017 pour 853 000 euros |
| Antoine d’Aymeric - Acheteur en 1701 |
Propriétaire jusqu’au XIXe siècle |
Origine et histoire
Le château de Paluel, situé dans le Périgord noir (Dordogne), est un édifice du XVe siècle construit par un bâtard de la famille de Gimel, héritier de la seigneurie. Il domine le vallon de Sainte-Nathalène depuis un promontoire, à deux kilomètres du bourg. Son architecture comprend un corps de logis flanqué de deux tours, une tour d’escalier centrale, et un donjon rectangulaire du XIIe siècle relié par un passage étroit. Des mâchicoulis en bois et torchis couronnent l’ensemble, entouré de courtines. Inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1927, il sert de décor au film Le Capitaine Fracasse en 1928.
Au XVIIe siècle, le château passe à la famille de Durfort, puis est acheté en 1701 par Antoine d’Aymeric, alors à l’abandon depuis un siècle. Ses descendants le conservent jusqu’au XIXe siècle. Au début du XXe siècle, le prince Louis de Croÿ le restaure partiellement en y ajoutant une aile néo-gothique, tout en utilisant les pierres du château voisin de Commarque, en ruine. Durant les années 1930, il autorise le groupe terroriste d’extrême droite la Cagoule à y entreposer un stock d’armes dans les souterrains.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le prince de Croÿ révèle l’existence de cet arsenal au juge de Sarlat en 1942, craignant son utilisation par les Allemands après l’invasion de la zone libre. Les armes, transférées au tribunal, finissent par servir la Résistance. Le 28 juin 1944, le château est incendié par la colonne allemande Wilde, qui abat un jeune résistant sur place. Une stèle commémore cet événement. En ruine, le château n’est pas restauré et est envahi par la végétation. Il devient propriété du professeur Jean Lassner, pionnier de l’anesthésie.
Au XXe siècle, le château sert de décor à plusieurs films, dont Le Tatoué (1968) avec Louis de Funès et Jean Gabin, où des décors factices masquent son état de ruine. En 1998, des scènes d’À tout jamais, une histoire de Cendrillon y sont tournées. En 1980, le cadavre d’un trafiquant de drogue est retrouvé dans son puits. Après la mort de Jean Lassner en 2007, le château est vendu en 2010 à Kevin Cartledge, qui le nettoie avant de le mettre aux enchères en 2017.
Adjugé à Étienne Cluzel pour 853 000 euros, le château fait l’objet d’une tentative de rachat par une société luxembourgeoise, finalement rejetée. Depuis 2022, Étienne Cluzel entreprend sa sauvegarde, envisageant de reconstruire le donjon du XIIe siècle, écroulé. Le site ouvre au public de juillet à septembre depuis 2022.