Frise chronologique
XIIIe siècle (vers 1230)
Construction initiale
Construction initiale
XIIIe siècle (vers 1230) (≈ 1350)
Édification par Guillaume de Penhoat au retour de croisade.
XVe siècle
Rénovations défensives
Rénovations défensives
XVe siècle (≈ 1550)
Adaptation aux progrès de l’artillerie et ajout d’un châtelet.
1589–1598
Destructions pendant la Ligue
Destructions pendant la Ligue
1589–1598 (≈ 1594)
Château partiellement détruit lors des guerres de Religion.
XIXe siècle
Redécouverte par les érudits
Redécouverte par les érudits
XIXe siècle (≈ 1865)
Intérêt croissant pour le patrimoine médiéval breton.
1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1926 (≈ 1926)
Protection partielle des vestiges restants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château à savoir les vestiges des élévations du château, la partie dite "basse-cour" à l'ouest et la totalité des terrains d'assiette comportant les éléments de défense (fossés et douves) (cad. A 3 à 5) : inscription par arrêté du 21 juin 2006
Personnages clés
| Guillaume de Penhoat - Seigneur et fondateur |
Bâtisseur du château au XIIIe siècle après une croisade. |
| Duc de Mercœur - Chef ligueur en Bretagne |
Propriétaire probable pendant les guerres de Religion. |
| Erudits locaux (XIXe siècle) - Historien et archéologue |
Premières études sur les ruines du château. |
Origine et histoire
Le Château de Penhoat est une forteresse médiévale édifiée au XIIIe siècle par Guillaume de Penhoat, un seigneur local de retour de croisade. Ce type de construction reflète l’influence des châteaux-philippiens, adaptés aux besoins défensifs de l’époque féodale en Bretagne, une région alors marquée par les rivalités entre seigneurs et le duc. À sa construction, le château s’inscrit dans un contexte de guerres féodales et de renforcement des places fortes.
La Bretagne, sous l’autorité nominale des ducs de la maison de Dreux-Penthièvre, voit se multiplier les forteresses en pierre, remplaçant progressivement les mottes castrales en bois. Penhoat, avec ses tours cylindriques, illustre cette transition vers une architecture plus résistante aux assauts et aux sièges prolongés. Les remaniements du XVe siècle répondent aux progrès de l’artillerie, notamment après la guerre de Cent Ans.
Les murs sont épaissis, les tours renforcées, et un châtelet est ajouté au sommet de la tour sud pour améliorer la surveillance. Ces modifications s’inscrivent dans une période où la Bretagne, alors indépendante de facto, modernise ses défenses face aux ambitions françaises et anglaises. Les guerres de la Ligue (1589–1598) marquent un tournant tragique pour Penhoat.
Le château, probablement tenu par des partisans du duc de Mercœur (ligueur), subit des destructions majeures. Seuls subsistent aujourd’hui deux tronçons de tours et une partie de la courtine est, témoins silencieux de ces conflits religieux et politiques qui déchirèrent la région. À l’époque moderne, le site, abandonné comme résidence seigneuriale, se transforme en carrière de pierres pour les habitations locales.
Au XIXe siècle, il attire l’attention des érudits bretons, soucieux de préserver un patrimoine médiéval menacé. Classé partiellement aux Monuments Historiques en 1926, il devient un lieu de mémoire, symbolisant l’héritage féodal de la Bretagne intérieure. Aujourd’hui, les vestiges du château sont accessibles librement et intégrés à un parcours pédestre valorisant le patrimoine de Saint-Thégonnec.
Des fouilles archéologiques sporadiques ont permis de préciser son plan d’origine, révélant une enceinte rectangulaire et un système de fossés en cascade. Le site participe à la dynamique touristique du Pays de Morlaix, entre histoire et légendes celtiques. La légende locale raconte que Guillaume de Penhoat aurait rapporté de Terre sainte une relique, aujourd’hui perdue, qui aurait protégé le château des incendies.
Cette tradition orale, typique du folklore breton, renforce l’aura mystique du lieu. Les visites guidées, organisées en été, mêlent ainsi histoire et récits populaires pour captiver les visiteurs. Enfin, Penhoat s’inscrit dans un réseau de châteaux bretons comparables, comme ceux de Tonquédec ou de La Roche-Maurice.
Ces forteresses, souvent bâties sur des éperons rocheux, illustrent une stratégie défensive commune en Basse-Bretagne. Leur étude permet de comprendre les enjeux militaires et sociaux de la région entre Moyen Âge et Renaissance.