Origine et histoire du Château de Penne
Le château de Penne, édifié dès l’époque mérovingienne (mentionné en 825 lors d’une visite de Pépin d’Aquitaine), devient un fief stratégique au XIIe siècle. Construit sur un éperon rocheux surplombant l’Aveyron, il contrôle la vallée et la forêt de Grésigne, au nord de Toulouse. Ses seigneurs, comme Geoffroi en 1096, participent aux croisades, et le castrum passe sous l’influence des comtes de Toulouse après 1176, avant d’être disputé pendant la croisade des Albigeois.
Pendant la croisade contre les Cathares (1208–1229), le château, tenu par des seigneurs hérétiques, est assiégé à deux reprises par Simon de Montfort puis Amaury de Montfort. Malgré sa reddition en 1223, il est repris par les Cathares avant d’être finalement cédé au roi de France en 1229, puis confirmé comme possession royale en 1271 après la mort d’Alphonse de Poitiers. Le site, renforcé au XIIIe siècle, abrite même les archives comtales de Toulouse.
Lors de la guerre de Cent Ans (XIVe–XVe siècles), le château change plusieurs fois de mains : pris par les Anglais en 1365 sous Mongat, repris par les Français en 1374, puis réoccupé par les Anglais jusqu’en 1451. Son déclin s’amorce avec l’artillerie moderne. Démantelé en 1586, il reste en ruine 420 ans avant d’être racheté en 1980, puis restauré depuis 2006 par l’architecte Axel Letellier. Classé monument historique en 1902, il rouvre au public en 2010.
Le site se compose d’un donjon entouré d’une enceinte irrégulière, d’un châtelet flané de deux tours (XIIIe et XIVe siècles), et d’une basse-cour. Les vestiges, dont des archères et un assommoir, témoignent de son rôle défensif. Le village s’est développé au pied du piton, dans un méandre de l’Aveyron, sur la lisière nord de la forêt de Grésigne.
Les travaux de restauration (2009–2011), financés partiellement par la région Occitanie et le département du Tarn, visent à préserver les 3 500 m2 de ruines. Le budget annuel de 80 000 € permet de stabiliser les structures, tout en mettant en valeur un patrimoine lié à l’histoire tumultueuse du Quercy, entre hérésie, conflits franco-anglais et abandon séculaire.