Origine et histoire
Le château de Penne, édifié dès l’époque mérovingienne, est mentionné pour la première fois en 825 lors de la visite du roi d’Aquitaine Pépin. Au XIIe siècle, il devient un fief stratégique, lié aux vicomtes d’Albi et aux Templiers, bien que ces derniers n’en aient jamais été propriétaires. Son rôle défensif s’affirme lors des conflits régionaux, notamment entre les seigneurs locaux et les comtes de Toulouse, qui s’en emparent vers 1176.
Durant la croisade des Albigeois (1208–1229), le château de Penne, tenu par des seigneurs cathares, est âprement disputé. En 1223, Amaury de Montfort s’en empare avant qu’il ne soit repris par les hérétiques. Après le traité de Meaux (1229), le comte de Toulouse doit le céder à la Couronne, mais les seigneurs de Penne résistent jusqu’en 1271, date à laquelle le domaine est définitivement intégré aux possessions royales. Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, y installe même ses archives avant sa mort.
La guerre de Cent Ans marque un nouveau tournant : le château est tour à tour occupé par les Anglais (1365, 1384–1451) et les Français (1374). Démantelé en 1586, il tombe en ruine pendant 420 ans, avant d’être racheté en 1980 par Me Breuil, puis en 2006 par l’architecte Axel Letellier. Ce dernier lance un programme de restauration (2009–2011), permettant sa réouverture au public en 2010. Les vestiges, classés monument historique en 1902, témoignent encore de son passé militaire.
Architecturalement, le château épouse un piton rocheux de 150 m de long, avec une basse-cour, un châtelet doté de deux tours (XIIIe et XIVe siècles), et un donjon entouré d’une enceinte percée d’archères. Le village, niché au pied de la crête, s’est développé dans le creux d’un épaulement. La forteresse, perchée à 120 m au-dessus de l’Aveyron, contrôlait un axe stratégique entre Toulouse et la forêt de la Grésigne.
Les fouilles et restaurations récentes ont révélé des éléments médiévaux remarquables, comme un assommoir et une salle d’archères quasi intacte. Le budget annuel des travaux (80 000 €) est partiellement financé par la région Occitanie et le département du Tarn. Aujourd’hui, le site attire les visiteurs pour son histoire mouvementée et son panorama exceptionnel sur la vallée.