Origine et histoire
Le château de Pennesuyt, aussi appelé château de Loëze, trouve ses origines au XIVe siècle comme maison forte au cœur de la seigneurie de « Painessuyt ». Situé à Bourg-en-Bresse dans l’Ain, il est mentionné pour la première fois en 1378 comme propriété de Jean de Sancia, dont les descendants le conservent jusqu’en 1448. À cette date, Jeanne de Sancia l’apporte en dot à Jean de Lyobard, marquant le début d’une série de transmissions entre familles nobles locales.
Au XVIe siècle, la seigneurie passe entre les mains de Claude de Lyobard, qui en rend hommage au roi François Ier en 1536. Vendu ensuite à Étienne de Rives, puis à Pierre d'Escodeca, baron de Pardaillan et gouverneur de Bourg, le domaine est entièrement reconstruit vers 1611. Ce dernier le cède à Guillaume Fouquet, marquis de Varenne, qui le revend à Pierre Granet, président au présidial de Bourg. La seigneurie reste dans la famille Granet jusqu’en 1657, date à laquelle elle est acquise par l’historien Samuel Guichenon.
Le château change à nouveau de mains en 1679, lorsque Antoinette Guichenon, fille de Samuel, l’apporte en mariage à Jean-Joseph de Jacob, écuyer. La famille de Jacob en reste propriétaire jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. En 1789, le domaine appartient à Joseph-Ignace-Favier de Loëze, chevalier. Représentatif de l’architecture manorial du XVIIe siècle dans l’Ain, le château est partiellement inscrit aux monuments historiques en 1987 pour ses façades, toitures, et son vestibule d’entrée avec escalier.
Architecturalement, le château de Pennesuyt se distingue par son style classique, plus proche du manoir rural que du château fortifié. Il constitue un témoignage rare des demeures seigneuriales de cette période dans le département, reflétant les transformations sociales et architecturales entre Moyen Âge et époque moderne. Son historique met en lumière les alliances matrimoniales et les transactions foncières qui ont façonné le patrimoine local.
La localisation du château, dans le quartier de Loëze à Bourg-en-Bresse, ainsi que son inscription partielle au titre des monuments historiques, soulignent son importance patrimoniale. Les éléments protégés, comme le vestibule et son escalier, illustrent le soin apporté à la conservation de ce spécimen unique en son genre dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.