Patrimoine classé
Les façades et les toitures du château ; le terre-plein ; le pont ; les fossés ; le colombier (cad. F 212, 367, lieudit Pesselières) : inscription par arrêté du 30 juin 2009 ; Le portail d'accès et ses murs de clôture, la chapelle de 1823, en totalité, les façades et toitures des bâtiments de la basse-cour (écuries et grange), les bâtiments et aménagements du potager enfin le parc qui laisse apparaître sa qualité paysagère (les prairies sont traversées par le ruisseau de Pesselières, le parc planté d'essences variées, a conservé ses bouquets d'arbres et ses allées), et conserve les anciens fossés du château ainsi que ceux de la basse-cour, aujourd'hui parties constituantes du parc. Il s'agit des parcelles numérotées 131, 200, 211, 213, 356, 358, 360, 362, 365 et 366 se situant dans la section F du cadastre de la commune : inscription par arrêté du 1er juillet 2025
Personnages clés
| Pierre de Livron - Seigneur de Pesselières (1209-1257) |
Parti en pèlerinage à Compostelle en 1228. |
| Hugon de La Porte - Baron de Pesselières (XVe siècle) |
Grand archier du duc de Brabant. |
| Jean de Guibert - Seigneur de Pesselières (XVIIe siècle) |
Reconstructeur partiel du château en 1640. |
| Marquis de Puységur - Propriétaire (XVIIIe siècle) |
Créateur du parc romantique. |
| Jean-Baptiste Collard - Propriétaire (XIXe siècle) |
Réaménagement néo-Renaissance en 1881. |
Origine et histoire du Château de Pesselières
Le château de Pesselières, situé sur les terres de la seigneurie éponyme à Jalognes (Cher), est mentionné pour la première fois en 1170 comme propriété de la famille de Livron. Ce fief, relevant du comté de Sancerre, inclut une justice haute, moyenne et basse, des étangs et des domaines. Son rôle stratégique est souligné par le droit des seigneurs de Pesselières – reconnus comme maréchaux du comté – de conduire les vassaux lors de l’entrée solennelle du comte de Sancerre, un privilège source de conflits jusqu’à des transactions territoriales.
Vers 1380, le « château et maison forte » passe à la famille La Porte, qui le conserve jusqu’en 1639. Les La Porte, chevaliers et barons, marquent l’histoire du lieu : Hugon de La Porte, baron de Pesselières, devient grand archier du duc de Brabant en 1404. Pendant les guerres de Religion (1589-1591), le château, occupé successivement par la Ligue et les royalistes, subit d’importants dommages. Son architecture médiévale, visible dans l’aile nord-ouest et la tourelle d’escalier, témoigne de cette période.
En 1639, Jean de Guibert acquiert le domaine et entreprend une reconstruction partielle : la porte d’entrée à bossage, des cheminées monumentales et l’aile sud-est datent de cette campagne. Le château, représenté en 1674 comme un plan en U entouré de douves, évolue au XVIIIe siècle avec la suppression du pont-levis et des fortifications. Au XIXe siècle, les familles Collard et Boin transforment radicalement le site : comblement des fossés, réaménagement néo-Renaissance de l’aile sud-est (1881), création d’une chapelle (1823) et d’un parc romantique inspiré des jardins anglais, labellisé Jardin remarquable en 2013.
Le château, classé Monument historique en 2009 et 2025 (façades, toitures, colombier, parc et dépendances), conserve des éléments défensifs médiévaux malgré les modifications des XIXe-XXe siècles. Son parc, restauré à partir des années 2000, allie essences centenaires (cèdres, hêtres pourpres) et aménagements contemporains, comme un labyrinthe de charmille. Une foire médiévale, l’une des plus anciennes de France (depuis le haut Moyen Âge), y est toujours célébrée le 1er juin.