Origine et histoire du Château de Pestillac
Le castrum de Pestillac (ou Pestilhac) est un site fortifié médiéval situé dans le Lot, sur la commune de Montcabrier, aux confins du Quercy et du Périgord. Implanté sur un éperon rocheux dominant la vallée de la Thèze, il fut la résidence des barons de la Châtaigneraie et comprenait des maisons-tours, deux églises accolées et des fortifications. Son importance stratégique s’étendait sur plusieurs communes environnantes, dont Montcabrier, Cassagnes et Duravel, reflétant son rôle central au Moyen Âge.
La famille de Pestilhac, attestée dès 1030, était liée à la noblesse locale, comme les seigneurs de Gourdon. Pendant la croisade des Albigeois (1209-1229), elle soutint le comte de Toulouse, ce qui entraîna la saisie du castrum par Simon de Montfort en 1214. Restitué en 1229, le site fut ensuite marqué par des conflits avec la bastide royale de Montcabrier, fondée en 1298. En 1346, Amalvin de Pestilhac, allié aux Anglais, fut tué, et le castrum détruit après une bataille.
Le castrum connut plusieurs phases architecturales, notamment pour sa chapelle castrale, composée de deux églises accolées. La plus ancienne, datable du XIe siècle, présente des décors peints et des maçonneries typiques de l’art roman. La seconde, plus élaborée, fut construite à la fin du XIIe siècle, avec un portail orné et une tribune seigneuriale. Ces éléments stylistiques reflètent les influences angevines et périgourdines de l’époque.
Les ruines du château et de l’église de Pestillac furent classées monuments historiques en 1926. Le site illustre les dynamiques féodales et les tensions entre seigneurs locaux et pouvoir royal, notamment à travers le paréage de 1287 et la fondation de Montcabrier. Après le XIVe siècle, le castrum fut progressivement abandonné, mais ses vestiges restent un témoignage majeur de l’histoire médiévale de l’Occitanie.
Les fouilles et études archéologiques ont révélé des traces de décors peints, des modillons sculptés et des structures défensives, comme une galerie en charpente. La chapelle, chef-lieu de l’archiprêtré, montre l’importance religieuse du site. Les sources écrites et les analyses stylistiques permettent de dater les campagnes de construction entre les XIe et XIIIe siècles, avec des réaménagements ultérieurs.