Origine et histoire du Château de Picquigny
Le château de Picquigny est un ancien château fort aujourd’hui en ruines, situé sur la rive gauche de la Somme, à Picquigny (département de la Somme, Hauts-de-France). Bâti à flanc de coteau, il contrôlait un passage stratégique entre Amiens et Abbeville, combinant rôle défensif (fossés, remparts, tours) et résidentiel (logis seigneurial, pavillons). Son histoire remonte au moins au XIe siècle, avec des mentions dès 1066, mais ses vestiges les plus anciens datent du XIVe siècle.
La seigneurie de Picquigny, l’une des plus puissantes du royaume, fut détenue par des familles influentes comme les Picquigny, les d’Ailly (à partir du XVe siècle), puis les d’Albert. Le château fut incendié en 1470 par Charles le Téméraire, reconstruit à la Renaissance, puis modifié aux XVIe–XVIIe siècles pour adopter un caractère plus résidentiel. Il abritait une collégiale, des salles de réception, et des systèmes défensifs comme la porte du Gard et la barbacane, équipées de ponts-levis et de herses.
Au XVIIIe siècle, le château, délaissé et endetté, fut vendu comme bien national en 1795. Servant de carrière de pierres aux habitants, il tomba en ruine avant d’être classé Monument Historique en 1906. La Société des Antiquaires de Picardie en assura la préservation au XXe siècle, avant sa vente en 2013 au baron Michel Morange. Aujourd’hui, les ruines (remparts, église castrale, pavillon Sévigné) témoignent de son passé médiéval et Renaissance.
Le site conserve des éléments remarquables : la cuisine voûtée (XVIe siècle), le pavillon Sévigné (escalier monumental), et des armoiries sculptées (famille d’Ailly, Melun). Des fouilles et restaurations (XXIe siècle) ont mis en valeur les souterrains, les jardins, et les murailles. Le château, ouvert au public, propose des visites thématiques (médiévales, escape games) et des fêtes historiques depuis 2005.
Parmi les personnalités liées au lieu, Madame de Sévigné y séjourna en 1689, décrivant son séjour dans une lettre. Victor Hugo et les frères Duthoit (gravures) s’y intéressèrent aussi. Les archives seigneuriales de Picquigny (XIe–XVIIe siècles) comptent parmi les plus anciennes du nord de la Loire, illustrant son importance politique et économique (700 fiefs, 1 800 vassaux au XVIIe siècle).