Patrimoine classé
Château, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 13 juillet 1945 - Ensemble des façades et toitures du château y compris celles des communs ; douves ; grille d'entrée et perspective allant de cette grille au château (cad. D 473, 474, 474bis, 475, 475bis, 476) : classement par arrêté du 17 octobre 1957 - Parties bâties et non bâties de l'ensemble formé par le château : dépendances, terrasses, parc avec ses ornements, ponts et clôtures, à l'exception des éléments classés (cad. AW 1, 3 à 8, 48, 51, 58, 100, 102, 103) : inscription par arrêté du 13 mai 1996 - Ensemble des intérieurs de l'aile droite du château (cad. AW 5) : classement par arrêté du 14 novembre 1997
Personnages clés
| Claude de Thyard (1621–1701) - Comte de Bissy, commanditaire |
Fait construire le château en 1680. |
| Antoine Bouton (XVe s.) - Seigneur et reconstructeur |
Rebâtit la forteresse en 1485. |
| Jacques de Thyard (1648–1744) - Marquis de Bissy |
Aménage parc et jardins au XVIIIe. |
| Élisabeth-Blanche de Thyard (XIXe s.) - Dernière héritière Thyard |
Transmet le château aux d’Estampes. |
| Charles Borgeot (XXe s.) - Président du conseil départemental |
Initiateur de l’acquisition en 1956. |
Origine et histoire du Château de Pierre-de-Bresse
Le château de Pierre-de-Bresse fut construit en 1680 par Claude de Thyard, comte de Bissy, sur l’emplacement d’une ancienne forteresse médiévale dont il conserva les tours d’angle. Ce château en brique, entouré de douves et orné de fossés, illustre l’architecture classique du Grand Siècle, avec un logis seigneurial en U et des communs organisés autour d’une cour rectangulaire. Ses façades, ponctuées de frontons sculptés et de décors en fer forgé, reflètent le prestige de la famille de Thyard, tandis que des inscriptions latines célèbrent les faits d’armes de ses membres.
Au XVIIIe siècle, les héritiers de Claude de Thyard, comme Jacques et Claude-Anne-Jacques, marquis de Bissy, aménagèrent le parc à l’anglaise et les intérieurs, ajoutant des appartements plus intimes vers 1765. Le domaine passa ensuite à la famille d’Estampes en 1852, avant d’être acquis en 1956 par le département de Saône-et-Loire. Depuis 1981, il abrite l’Écomusée de la Bresse bourguignonne, dédié à la mémoire rurale et artisanale de la région, tout en bénéficiant de multiples protections au titre des monuments historiques (classements en 1957 et 1997, inscriptions en 1945 et 1996).
L’histoire du site remonte cependant au Moyen Âge, avec des seigneurs attestés dès 1092 (Robertus de Petra) et une forteresse reconstruite par Antoine Bouton en 1485, décrite comme une « belle et forte maison » ceinte de tours et de murailles. Le château actuel, bien que transformé, conserve des éléments défensifs comme les canonnières et les mâchicoulis des tours d’angle. Son parc, théâtre d’un crime célèbre en 1809, et ses dépendances, partiellement incendiées en 1944, témoignent d’une histoire mouvementée, aujourd’hui mise en valeur par des fouilles archéologiques récentes (depuis 2020).
Architecturalement, le château se distingue par son avant-corps central orné d’un fronton trapézoïdal aux armes des Thyard, soutenu par des lévriers, et par un portique à arcades ioniques courant le long de la façade principale. Les communs, en brique, abritaient autrefois écuries et logements de service, tandis que les intérieurs du XVIIIe siècle, classés, offrent des décors préservés. Le domaine, propriété départementale, est un fleuron de la Route des châteaux en Bourgogne du Sud, attirant plus de 30 000 visiteurs annuels.
Les familles nobles liées au château — Bouton (XVe–XVIe siècles), Thyard (XVIIe–XVIIIe siècles), et d’Estampes (XIXe–XXe siècles) — ont marqué son évolution, depuis la seigneurie médiévale jusqu’à sa vocation muséale contemporaine. Les armoiries de ces lignées (Bouton : de gueules à la fasce d’or ; Thyard : d’or à trois écrevisses de gueules) rappellent leur héritage, tandis que des éléments comme le cadran solaire ou les dômes à l’impériale des tours soulignent la richesse symbolique et artistique du lieu.