Origine et histoire du Château de Pierre-Percée
Le château de Pierre-Percée, aussi appelé château de Langenstein (« longue pierre » en allemand), est un ancien château fort du premier quart du XIIe siècle, aujourd’hui en ruine. Implanté à 495 mètres d’altitude sur une barre rocheuse de grès friable, il surplombe le lac de Pierre-Percée, créé au XXe siècle. Sa basse-cour s’étendait au nord-ouest, tandis qu’un village s’est construit en contrebas avec ses pierres. Le site, classé monument historique en 1981, conserve une tour-donjon carrée de 8 mètres de côté, vestige roman du XIIe siècle.
La première mention du château remonte à une chronique vers 1140, évoquant Albertum de Longuicastro (Adalbert), cadet des comtes d’Alsace et duc de Lorraine au XIe siècle. Nommé par l’empereur Henri III, il aurait bâti la forteresse avant d’être tué en 1048 à la bataille de Thuin. Son frère, Gérard Ier, lui succède. La fille d’Adalbert, Mathilde, épouse Folmar IV de Metz, dont le fils Godefroy, comte de Langenstein, épouse Agnès de Bar avant 1110. C’est cette dernière qui, vers 1138, fait creuser un puits de 33 mètres de profondeur, donnant au château son nom de Petrae Perforatae (« pierre percée »).
Le château passe aux comtes de Salm par le remariage d’Agnès avec Hermann II, fils du roi Hermann Ier de Germanie. En 1134, Hermann II, allié au duc de Lorraine, affronte l’évêque de Metz et le comte de Bar. Il meurt au siège de Frouard, et Pierre-Percée tombe aux mains de l’évêque. Son fils Henri Ier en hérite, mais le déclin s’amorce : au XIIIe siècle, Henri IV, endetté, vend le château à l’évêque Jacques de Metz avant 1258. Les comtes, résidant surtout en ville, l’utilisent comme garantie pour des emprunts.
Entre 1564 et 1634, des travaux de réfection (charpentes, toitures, maçonnerie) sont attestés, mais le château se dégrade. En 1587, face à la menace protestante, sa garnison est renforcée : basse-cour, pont-levis, tour de guet et canonnière sont restaurés. La guerre de Trente Ans (1618–1648) scelle sa destruction : en 1636, les troupes de Bernard de Saxe-Weimar assiègent et ravagent le château et son hameau. Les pierres servent ensuite à construire le village en contrebas.
Aujourd’hui, il ne subsiste que des murs modestes à l’ouest, dont la tour-donjon de 13 mètres de haut, en bel appareil roman. Propriété de l’Office national des forêts, le site est entretenu pour sa valeur historique et paysagère, dominé par le lac de Pierre-Percée qui renforce son caractère romantique. Les vestiges rappellent les luttes féodales et l’architecture militaire médiévale en Lorraine.