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Château de Pierrecharve en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Château de Pierrecharve

    283 Chemin du Grand Creux
    74540 Mûres

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1297
Première mention écrite
1353
Cession à Jean de Genève
1550
Fin de la famille La Rochette
1788
Achat par Philibert Simond
1827
Devenir carrière de pierre
2007
Bail emphytéotique à une association
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Guillaume Paradin - Propriétaire en 1297 Premier mentionné, cède le château en 1353.
Jean de Genève - Seigneur d’Alby Acquiert le château en 1353.
Jacques de Montfalcon - Dernier héritier La Rochette Meurt sans postérité en 1550.
Philibert Simond - Vicaire de Rumilly Acheteur en 1788, guillotiné en 1794.
François Coutin - Historien (1927) A décrit les vestiges du château.

Origine et histoire

Le château de Pierrecharve, aussi appelé Pierre-Charve (« pierre chauve »), est une ancienne maison forte du XIIIe siècle située sur la commune de Mûres, en Haute-Savoie. Installé sur un rocher de molasse de 40 mètres de haut, il contrôlait le passage du torrent du Chéran via un pont de bois démontable, le long de l’ancienne route reliant Alby à Mûres. Ce château faisait partie d’un réseau de sept forteresses (avec Châteauvieux, Le Donjon, Montconon, Montdésir, Montvuagnard et Montpon) assurant la défense d’Alby et la surveillance des voies de communication locales.

Mentionné pour la première fois en 1297, le château changea plusieurs fois de mains au fil des siècles. En 1353, Guillaume Paradin, alors propriétaire, le cède à Jean de Genève, seigneur d’Alby. La famille de La Rochette en hérita ensuite jusqu’en 1550, suivie des Montfalcon, puis des Montvuagnard à partir de 1558. Au XVIIe siècle, il passa aux Beaufort, avant d’être vendu en 1653 à François Melchior de Montvuagnard. Après plusieurs transactions, il fut acquis en 1788 par le vicaire Philibert Simond, guillotiné en 1794 pendant la Révolution.

Au XIXe siècle, le site devint une carrière de pierre, et le donjon fut partiellement détruit. La tour, haute de 17 mètres, servit d’entrepôt agricole avant d’être abandonnée au XXe siècle. Depuis 2007, l’association Les Compagnons du Château de Pierrecharve tente de réhabiliter le site, bien que des effondrements (comme celui du toit entre 2015 et 2017) aient compliqué les projets. Aujourd’hui, il ne reste qu’une tour rectangulaire en ruine, marquée par des fenêtres à meneaux du XVIe siècle et une porte ogivale.

Architecturalement, le château était décrit en 1927 comme une tour imposante en moellons de molasse, posée sur un monolithe de grès. Ses fenêtres à quatre compartiments et sa porte romane modifiée en arc ogival témoignent de ses transformations au fil des époques. Le site, habité jusqu’aux années 1960, illustre l’évolution des maisons fortes savoyardes, entre rôle défensif et déclin progressif.

Historiquement, Pierrecharve reflète les dynamiques seigneuriales de la Savoie médiévale et moderne. Son système défensif, lié à celui d’Alby, montre l’importance stratégique des vallées alpines. Les familles nobles qui s’y succédèrent (Paradin, Genève, La Rochette, Montfalcon) incarnent les alliances et les héritages qui structuraient le pouvoir local. Son abandon au XIXe siècle et sa réappropriation récente soulignent les défis de la préservation du patrimoine rural.

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