Origine et histoire du Château de Pierreclos
Le château de Pierreclos est implanté sur la commune éponyme en Saône-et-Loire, au sud de la Bourgogne historique, aujourd’hui intégrée à la région Bourgogne-Franche-Comté. Bâti à l’extrémité d’une butte surplombant la vallée de la Petite Grosne, il domine un vignoble réputé et se situe à proximité immédiate de la roche de Solutré et de l’abbaye de Cluny. Son origine remonte probablement à la fortification d’un enclos ecclésial préexistant, comme le suggère sa configuration et l’antériorité d’une chapelle attestée dès le Xe siècle. Le site, mentionné dans les chartes de Cluny entre 887 et 926, s’inscrit dans le mouvement de construction d’églises des années 980-1040.
Les premières traces seigneuriales remontent au XIIIe siècle, lorsque le château passe aux mains de la famille de Berzé, puis à Guy Chevrier en 1366 avant d’être cédé à Louis de Savoie en 1403. Ce dernier le transmet à Ymbaud de Bletterans, dont la famille le conserve jusqu’au milieu du XVe siècle. Le monument subit alors les conflits de l’époque : pillages des Écorcheurs en 1437, destruction partielle par les troupes de Louis XI en 1471 lors de la lutte contre Charles le Téméraire, et ravages des guerres de Religion en 1562, où les protestants s’emparent de Mâcon et dévastent l’église du château.
En 1665, Jean-Baptiste Michon, conseiller du Roi à Lyon, acquiert le domaine et entreprend d’importants travaux, marqués par son écusson apposé sur le portail d’entrée. La famille Michon, connue pour son autoritarisme, subit les assauts des paysans lors de la Grande Peur de 1789, où le château est saccagé à trois reprises. Arrêté comme suspect sous la Terreur, Jean-Baptiste Michon voit ses biens confisqués après la mort de son fils en 1809. Le château change ensuite plusieurs fois de mains : acquis par la famille Chaland en 1829, puis par les soyeux lyonnais Darnat au XXe siècle, avant d’être restauré par la famille Pidault à partir de 1989.
Architecturalement, le château se compose d’un corps de logis principal flanqué de tours carrées, dont une coiffée d’un toit en pavillon et des échauguettes ajoutées au XIXe siècle. L’ensemble inclut une avant-cour accessible par un portail orné des armoiries des Michon, un escalier à vis suspendu, et les vestiges d’une chapelle du XIIe siècle, réduits au clocher et au chœur. Classé monument historique en 1984 pour ses éléments remarquables (donjon, salle des Gardes, cheminées), il abrite aujourd’hui un domaine viticole en agriculture biologique, des chambres d’hôtes, et des espaces dédiés aux réceptions.
Le château illustre les luttes de pouvoir médiévales en Mâconnais, où se croisent les influences des comtes de Mâcon, des abbayes de Cluny et Tournus, et des grandes familles seigneuriales comme les Berzé ou les Rougemont. Son histoire reflète aussi les bouleversements de la Révolution, avec la résistance des paysans contre les privilèges seigneuriaux, et les transformations économiques du XIXe siècle, marquées par l’industrialisation lyonnaise. Intégré à la Route des châteaux en Bourgogne du Sud, il attire aujourd’hui les visiteurs pour son patrimoine et son cadre viticole.