Mariage fondateur 1370 (≈ 1370)
Dauphine de Lestrange épouse Roger-Hugues de Bort.
1471-1478
Reconstruction du château
Reconstruction du château 1471-1478 (≈ 1475)
Travaux dirigés par Charles de Bort et Robert Rigal.
1793
Tentative de destruction révolutionnaire
Tentative de destruction révolutionnaire 1793 (≈ 1793)
Château épargné grâce à sa solidité.
1822
Changement de propriétaire
Changement de propriétaire 1822 (≈ 1822)
Vente à Antoine Delamas après extinction des Bort.
1927
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1927 (≈ 1927)
Protection officielle du patrimoine.
juin 1944
Épisode de la Seconde Guerre mondiale
Épisode de la Seconde Guerre mondiale juin 1944 (≈ 1944)
Négociation avec les SS pour sauver le château.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de Pierrefitte : inscription par arrêté du 19 mars 1927
Personnages clés
Dauphine de Lestrange - Noble limousine
Épouse de Roger-Hugues de Bort, donne son nom au château.
Charles de Bort - Gentilhomme de Charles VIII
Ordonne la reconstruction du château (1471-1478).
Léonard-Antoine de Bort - Dernier héritier des Bort
Emprisonné en 1793 pendant la Révolution.
Henri-Louis de Tournemire - Noble auvergnat
Rachète et restaure le château en 1830.
Guillaume de Tournemire - Officier de marine
Sauve le château des SS en 1944.
Origine et histoire
Le château de Pierrefitte, situé à 2,8 km à l'est de Sarroux en Corrèze, fut initialement bâti au XIIIe siècle comme forteresse défensive pour contrôler l'accès à Bort-les-Orgues, alors centre commercial majeur de la région. Son nom, signifiant pierre fichée, évoque une origine topographique liée aux reliefs locaux. En 1370, Dauphine de Lestrange et Roger-Hugues de Bort, issus de familles nobles limousines, restaurent une vieille forteresse voisine et lui donnent le nom de Pierrefitte, en référence à l’apanage de Dauphine. Ce site devient la résidence principale de la lignée des Bort, famille chevaleresque influente ayant participé aux croisades et liée aux Templiers.
Au milieu du XVe siècle, Charles de Bort, gentilhomme de la Chambre de Charles VIII, ordonne la reconstruction complète du château entre 1471 et 1478, après que l’ancienne structure menaça ruine. Les travaux, dirigés par les maîtres maçons Robert Rigal et Pierre Bahut, incluent des fondations solides, des toits en fer blanc pour les tours, et un corps de logis couvert de schiste. Les bois de charpente, coupés dans la forêt locale, témoignent d’une construction méthodique, avec une pause de deux ans pour permettre les tassements. Ce château, symbole du pouvoir des Bort, intègre des éléments défensifs et résidentiels adaptés à l’époque.
Pendant la Révolution française, le propriétaire Léonard-Antoine de Bort est emprisonné à Ussel en 1793, tandis que des révolutionnaires tentent de démolir le château. Sa solidité architecturale, notamment ses murs épais, limite les dégâts aux superstructures fragiles. Après plus de 300 ans de possession par les Bort, le domaine est vendu en 1822 à Antoine Delamas, puis racheté en 1830 par Éléonore de Bailleul, épouse d’Henri-Louis de Tournemire. Ce dernier, descendant d’une famille noble auvergnate alliée aux Bort, entreprend des réparations majeures : couverture en ardoises, égalisation des tours, et ajout de poivrières en tuiles. Le château est finalement classé Monument Historique en 1927.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, en juin 1944, le château abrite un maquis avant d’être investi par la division SS Das Reich. Guillaume de Tournemire, propriétaire et officier de marine, négocie avec un officier allemand pour épargner le domaine en échange de la destruction d’une grange abritant des armes. Son récit historique des familles Bort et Tournemire convainc l’officier de renoncer à l’exécution des habitants. Aujourd’hui, le château reste une propriété privée, toujours détenue par les descendants de la famille de Tournemire.
Les Bort et les Lestrange incarnent l’histoire médiévale du site. Les Bort, chevaliers croisés et seigneurs locaux, tirent leur richesse du commerce à Bort-les-Orgues et de leurs alliances prestigieuses. Les Lestrange, seigneurs en Marche et Limousin, comptent parmi leurs membres des ecclésiastiques influents, comme les frères de Dauphine : Guillaume (archevêque de Rouen), Élie (évêque du Puy), et Raoul (légat du pape Grégoire XI). Ces liens avec l’Église et la noblesse façonnent le prestige du château, reflet des dynamiques politiques et sociales du Limousin aux XIVe et XVe siècles.
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