Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Pierrefitte à Sarroux en Corrèze

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château fort

Château de Pierrefitte

    D979
    19110 Sarroux
Propriété privée
Crédit photo : MrAlex19 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1370
Mariage fondateur
1471-1478
Reconstruction du château
1793
Tentative de destruction révolutionnaire
1822
Changement de propriétaire
1927
Classement Monument Historique
juin 1944
Épisode de la Seconde Guerre mondiale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château de Pierrefitte : inscription par arrêté du 19 mars 1927

Personnages clés

Dauphine de Lestrange - Noble limousine Épouse de Roger-Hugues de Bort, donne son nom au château.
Charles de Bort - Gentilhomme de Charles VIII Ordonne la reconstruction du château (1471-1478).
Léonard-Antoine de Bort - Dernier héritier des Bort Emprisonné en 1793 pendant la Révolution.
Henri-Louis de Tournemire - Noble auvergnat Rachète et restaure le château en 1830.
Guillaume de Tournemire - Officier de marine Sauve le château des SS en 1944.

Origine et histoire

Le château de Pierrefitte, situé à 2,8 km à l'est de Sarroux en Corrèze, fut initialement bâti au XIIIe siècle comme forteresse défensive pour contrôler l'accès à Bort-les-Orgues, alors centre commercial majeur de la région. Son nom, signifiant pierre fichée, évoque une origine topographique liée aux reliefs locaux. En 1370, Dauphine de Lestrange et Roger-Hugues de Bort, issus de familles nobles limousines, restaurent une vieille forteresse voisine et lui donnent le nom de Pierrefitte, en référence à l’apanage de Dauphine. Ce site devient la résidence principale de la lignée des Bort, famille chevaleresque influente ayant participé aux croisades et liée aux Templiers.

Au milieu du XVe siècle, Charles de Bort, gentilhomme de la Chambre de Charles VIII, ordonne la reconstruction complète du château entre 1471 et 1478, après que l’ancienne structure menaça ruine. Les travaux, dirigés par les maîtres maçons Robert Rigal et Pierre Bahut, incluent des fondations solides, des toits en fer blanc pour les tours, et un corps de logis couvert de schiste. Les bois de charpente, coupés dans la forêt locale, témoignent d’une construction méthodique, avec une pause de deux ans pour permettre les tassements. Ce château, symbole du pouvoir des Bort, intègre des éléments défensifs et résidentiels adaptés à l’époque.

Pendant la Révolution française, le propriétaire Léonard-Antoine de Bort est emprisonné à Ussel en 1793, tandis que des révolutionnaires tentent de démolir le château. Sa solidité architecturale, notamment ses murs épais, limite les dégâts aux superstructures fragiles. Après plus de 300 ans de possession par les Bort, le domaine est vendu en 1822 à Antoine Delamas, puis racheté en 1830 par Éléonore de Bailleul, épouse d’Henri-Louis de Tournemire. Ce dernier, descendant d’une famille noble auvergnate alliée aux Bort, entreprend des réparations majeures : couverture en ardoises, égalisation des tours, et ajout de poivrières en tuiles. Le château est finalement classé Monument Historique en 1927.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, en juin 1944, le château abrite un maquis avant d’être investi par la division SS Das Reich. Guillaume de Tournemire, propriétaire et officier de marine, négocie avec un officier allemand pour épargner le domaine en échange de la destruction d’une grange abritant des armes. Son récit historique des familles Bort et Tournemire convainc l’officier de renoncer à l’exécution des habitants. Aujourd’hui, le château reste une propriété privée, toujours détenue par les descendants de la famille de Tournemire.

Les Bort et les Lestrange incarnent l’histoire médiévale du site. Les Bort, chevaliers croisés et seigneurs locaux, tirent leur richesse du commerce à Bort-les-Orgues et de leurs alliances prestigieuses. Les Lestrange, seigneurs en Marche et Limousin, comptent parmi leurs membres des ecclésiastiques influents, comme les frères de Dauphine : Guillaume (archevêque de Rouen), Élie (évêque du Puy), et Raoul (légat du pape Grégoire XI). Ces liens avec l’Église et la noblesse façonnent le prestige du château, reflet des dynamiques politiques et sociales du Limousin aux XIVe et XVe siècles.

Liens externes