Auteur inconnuUnknown author |
Frise chronologique
29–30 juin 1793
Bataille de Nantes
Bataille de Nantes
29–30 juin 1793 (≈ 30)
Réutilisé contre les Vendéens.
1364–1365
Construction du château
Construction du château
1364–1365 (≈ 1365)
Ordonnée par le duc Jean IV, dirigée par Nicolas Bouchart.
1372
Prise par Du Guesclin
Prise par Du Guesclin
1372 (≈ 1372)
Rendu au duc en 1382 (traité de Guérande).
1487
Siège pendant la guerre folle
Siège pendant la guerre folle
1487 (≈ 1487)
Résiste aux troupes de Gilles de Bourbon.
1532
Union de la Bretagne à la France
Union de la Bretagne à la France
1532 (≈ 1532)
Perte de son rôle stratégique.
1626
Démantèlement
Démantèlement
1626 (≈ 1626)
Sur demande des États de Bretagne.
1839
Disparition des vestiges
Disparition des vestiges
1839 (≈ 1839)
Élargissement de la place Pirmil.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jean IV de Bretagne - Duc de Bretagne |
Commanditaire du château en 1364–1365. |
| Nicolas Bouchart - Amiral de Bretagne |
Constructeur et premier capitaine du château. |
| Bertrand Du Guesclin - Connétable de France |
Prit le château en 1372 pour la France. |
| Olivier de Clisson - Capitaine du château (1372–?) |
Nommé par Du Guesclin après la prise. |
| Hercule de Rohan-Montbazon - Lieutenant-général de Bretagne |
Capitaine de 1598 à 1616. |
| Jean-Michel Beysser - Général républicain |
Défendit Pirmil en 1793 contre les Vendéens. |
Origine et histoire
Le château de Pirmil, aussi appelé forteresse de Pirmil ou Tour de Pirmil, fut édifié en 1364 ou 1365 sur ordre du duc Jean IV de Bretagne, à l’initiative de l’amiral Nicolas Bouchart. Situé à l’extrémité sud du pont de Pirmil à Nantes, il assurait la défense de ce point stratégique, unique « ligne de ponts » permettant de traverser facilement la Loire vers sa rive gauche. Ce franchissement était le dernier avant l’estuaire, rendant le château vital pour la protection de la ville contre les assauts venants du sud.
La forteresse adopte un plan quadrilatère irrégulier, composé de trois tours (dont la massive tour du Duc, cylindrique et construite sur la tête du pont), reliées par des courtines crénelées et dotées de mâchicoulis. Le côté nord, en bord de Loire, abrite la tour principale, tandis que la tour de Sèvre domine la rivière éponyme à l’ouest. L’entrée, au sud, est protégée par un châtelet abritant corps de garde, cuisines et prisons. L’ensemble, ceint de douves, illustre l’architecture militaire bretonne du XIVe siècle, conçue pour résister aux sièges et contrôler les accès fluviaux.
Le château tire son nom du faubourg de Pirmil (aujourd’hui quartier Saint-Jacques), dont l’étymologie remonte au latin Pila milliaria (borne milliaire romaine). Construit à la fin de la guerre de Succession de Bretagne, il fut pris à plusieurs reprises par les Français, notamment en 1372 par Bertrand Du Guesclin, qui le rendit au duc en 1382 via le traité de Guérande. La forteresse changea maintes fois de mains avant de perdre son rôle stratégique après l’Union de la Bretagne à la France en 1532.
Démantelé en 1626 pour faciliter l’accès au pont, le château fut partiellement réutilisé en 1793 lors de la bataille de Nantes : les républicains y établirent une batterie pour contrer les troupes vendéennes de Charette et Lyrot. Les derniers vestiges disparurent en 1839 lors de l’élargissement de la place Pirmil. Son histoire reflète les tensions militaires entre Bretagne, France et Angleterre, ainsi que son adaptation aux conflits révolutionnaires.
La charge de capitaine de Pirmil, placée sous l’autorité du gouverneur de Nantes, fut occupée par des figures comme Nicolas Bouchart (son constructeur), Olivier de Clisson (après 1372), ou Hercule de Rohan-Montbazon (1598–1616). Après 1626, le titre devint honorifique, lié au gouverneur de la ville. Les capitaines, souvent nobles ou officiers du duc, incarnaient le pouvoir militaire breton dans cette place forte.
Le château de Pirmil s’inscrit dans un réseau défensif plus large, incluant le pont de Pirmil et la Tour Neuve. Son architecture et son histoire en font un symbole des luttes pour le contrôle de la Loire et de Nantes, entre indépendance bretonne et intégration au royaume de France. Son démantèlement au XVIIe siècle marque la fin de son rôle opérationnel, mais son souvenir perdure dans la toponymie nantaise.