Origine et histoire du Château de Pisy
Le château de Pisy, situé dans le village éponyme de l’Yonne en Bourgogne, est une maison forte dont les origines remontent au XIIIe siècle. Il fut initialement construit par la famille d’Arcis, branche cadette des seigneurs de Montréal, après autorisation d’Anséric VI de Montréal en 1235. Ce château, conçu comme un ensemble architectural militaire, symbolisait le pouvoir féodal local et servait de refuge pour les populations et les troupeaux en cas de menace. Son plan initial, probablement philippien, comprenait des tours d’angle et des fossés, caractéristiques des forteresses de l’époque.
Au XVe siècle, le château fut profondément remanié, notamment sous l’impulsion d’Eudes de Ragny en 1480, qui reconstruit une partie des bâtiments et obtint le droit d’y tenir des foires annuelles. Le monument passa entre les mains de plusieurs familles influentes, dont les Grancey, les Montot, et les Aux-Épaules, qui y ajoutèrent des éléments Renaissance comme un escalier décoré. Transformé en exploitation agricole dès le XVIIIe siècle, il échappa ainsi à la destruction grâce à son usage pratique, bien que ses tours aient été partiellement démolies après la Révolution.
Le château de Pisy conserve aujourd’hui une structure exceptionnellement intacte, avec sa basse-cour, sa chapelle du XIIIe siècle, et ses logis seigneuriaux. Classé Monument Historique en 2013 après une première inscription en 1944, il a également servi de décor pour des films comme Jeanne la Pucelle (1994) de Jacques Rivette. Son acquisition en 2023 par le chantier médiéval de Guédelon marque une nouvelle étape dans sa préservation, visant à restaurer le site avec des techniques traditionnelles.
L’histoire du château est étroitement liée à celle des croisades et des alliances féodales. La famille de Montréal, puis celle d’Arcis, jouèrent un rôle clé dans sa construction et son évolution, avant que le fief ne passe aux mains des Grancey et des Ragny. Les guerres de Religion et les conflits locaux, comme la prise du château par les Ligueurs en 1590, ont laissé des traces visibles, notamment des marques d’incendie sur la porte. Malgré ces tumultes, le château a survécu, témoignant de l’architecture défensive bourguignonne et des transformations sociales de la région.
Architecturalement, le château se distingue par son enceinte carrée de plus de 50 mètres de côté, ses deux escaliers à vis (dont un du XIIIe siècle), et sa chapelle voûtée d’ogives. Les bâtiments agricoles, ajoutés ultérieurement, illustrent son adaptation aux besoins économiques. La qualité de sa construction, avec un appareil soigné et des modénatures prismatiques, a été soulignée par les historiens comme Victor Petit, qui le considérait comme l’un des édifices militaires les plus remarquables de Bourgogne après Semur-en-Auxois.