Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Placard dans la Marne

Marne

Château de Placard

    46 B Rue de Villiers
    51120 Mœurs-Verdey

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Construction initiale
XVIe siècle
Pillages par les ligueurs
1723
Date gravée sur le château
1768
Présentation du pantographe
1848
Achat par la famille Des Portes
1914–1918
Hôpital de campagne
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Thierry Pacard - Chevalier médiéval Fondateur présumé du château (XIIe siècle).
Pierre Jacques - Seigneur des Bordes (XVe siècle) Propriétaire et bienfaiteur de l’église locale.
Charles François Roland le Virloys - Architecte des Lumières Remanie le château (XVIIIe siècle).
Jean Guillegan de Beaulieu - Mathématicien et professeur Défendit le château en justice.
Albert des Portes - Officier de marine (XIXe siècle) Acquiert le château après 1848.
Jean-Baptiste Delambre - Astronome et élève de Roland Créateur du système métrique.

Origine et histoire

Le château de Placard, situé à Mœurs-Verdey dans la Marne, trouve ses origines au XIe siècle comme forteresse romane. Il aurait été pillé deux fois par les ligueurs pendant les guerres de Religion (XVIe siècle). Au fil des siècles, il appartint à des familles influentes : les Jacques (XVe siècle), les Fauquier et Condé (début XVIe), puis les Le Cordelier (XVIIIe), qui le firent remanier par l’architecte Charles François Roland le Virloys, connu pour ses travaux à Metz et ses liens avec les théories newtoniennes. Le château, dépendant directement de la couronne depuis Philippe IV le Bel, échappa à la confiscation révolutionnaire grâce à l’alliance des Le Cordelier avec la famille Oudet.

Le nom Placard dérive des chevaliers Pacarz, vassaux des comtes de Blois-Champagne, mentionnés dans des chartes des XIIe–XIIIe siècles sous les noms Thierry, Gautier ou Guillaume. Le fief, initialement appelé Villiers, devint un toponyme après la guerre de Cent Ans. Au XVIIIe siècle, le domaine fut repensé selon les principes des Lumières : une allée de perspective d’1 km, inspirée des travaux du géomètre Varignon (1717), fut tracée, tandis que les plantations furent confiées à la pépinière royale de Rieux. Une date gravée, 1723, rappelle la majorité de Louis XV et la soumission de la seigneurie à la monarchie.

Pendant les conflits modernes, le château servit d’hôpital de campagne lors de la Première Guerre mondiale et fut occupé par les Allemands en 1870 et 1940–1944. Il abrite une forêt couvrant d’anciennes carrières d’argile, riche en biodiversité, et deux sources alimentant ses douves, nettoyées en 2020 par des bénévoles. Transmis par héritage et ventes successives, il appartient depuis le XIXe siècle à la famille Des Portes, dont un membre, Albert des Portes, officier de marine, l’acquit après 1848.

Parmi les figures marquantes liées au château, Pierre Jacques (XVe siècle), seigneur des Bordes, ou Jean Guillegan de Beaulieu, mathématicien et professeur de géométrie, qui défendit sa propriété lors d’un procès de 70 ans contre les héritiers d’un notaire parisien. Louis Emmanuel de Valois, comte d’Alais et petit-fils de Charles IX, en fut aussi propriétaire. L’architecte Roland le Virloys, professeur de Jean-Baptiste Delambre (créateur du système métrique), y appliqua des techniques innovantes, comme le pantographe, présenté à Versailles en 1768.

Le château, épargné par les destructions malgré les guerres, conserve des éléments médiévaux et classiques. Son pigeonnier, sa ferme attitrée, et ses douves en font un exemple rare de continuité architecturale et historique, des chevaliers du Moyen Âge aux savants des Lumières, en passant par les bouleversements des XIXe–XXe siècles.

Liens externes