Origine et histoire du Château de Plessis-lèz-Tours
Le château du Plessis-lès-Tours, ancien château royal, se situe à La Riche, près de Tours en Indre-et-Loire. Il fut la demeure favorite de Louis XI, qui y mourut en 1483, et conserva une fonction de résidence et de pouvoir sous Charles VIII et Louis XII, ce dernier y réunissant les États généraux de 1506. De l'ensemble médiéval et renaissant, il ne subsiste aujourd'hui qu'un corps de logis rectangulaire, flanqué à l'ouest d'une tour d'escalier; cette tour est la seule partie conservée dans son état primitif. L'édifice, en briques et pierres, est considéré comme l'un des premiers bâtiments en brique du Val de Loire ; il a été profondément remanié et restauré aux XIXe et XXe siècles. Le corps subsistant est parfois décrit comme l'aile orientale ou la partie sud de l'ancien logis royal ; ses vestiges extérieurs évoquent le gothique international, tandis que l'intérieur a été largement transformé. La seigneurie de Montils-lez-Tours, qui prit ensuite le nom de Plessis, devint résidence royale à partir de 1444 et c'est là que Charles VII ordonna en 1454 la rédaction d'une ordonnance d'unification des coutumes du royaume. Louis XI acquit le Plessis au milieu des années 1460 — l'acte d'achat est daté de 1463 dans certaines sources et de 1464 dans d'autres — et fit procéder à d'importants aménagements dans les années 1470. Sous son règne, le château reçut notamment le premier atelier de soierie de Tours, des volières et un chenil pour chiens de chasse, et il servit de résidence favorite au roi. Le « cachot de La Balue » est une salle voûtée en plein cintre dont l'accès se faisait par un escalier ; on rapporte que le cardinal de La Balue y fut enfermé et l'on conserve aussi des cages-prisons et des chaînes dites « filètes ». Le Plessis accueillit de nombreux personnages et événements : saint François de Paule y fonda le premier couvent des Minimes en France, Jeanne d'Albret y fut élevée en 1538, et plusieurs souverains tels que François Ier, Claude de France, Catherine de Médicis, Charles IX et Henri III y séjournèrent. En 1580 une délégation des Provinces-Unies se réunit au château avec le duc d'Anjou pour un traité provisoire, et en 1589 il fut le lieu d'une rencontre entre Henri III et le futur Henri IV. Les successeurs de Louis XI ont agrandi et transformé la demeure, mais la cour délaissant la Touraine entraîna progressivement son déclin ; au XVIIe siècle on entreprit des réparations, puis à partir de 1781 il servit de dépôt de mendicité pour la ville de Tours. Vendu comme bien national en 1790, le château fut aux trois quarts détruit en 1796 ; au XIXe siècle il abrita une fabrique de plombs de chasse, des dépôts et des activités agricoles qui contribuèrent à son délabrement avant des restaurations menées par des propriétaires privés. Au XXe siècle, le docteur Edmond Chaumier y installa un Institut vaccinogène et participa à des travaux de restauration encore visibles aujourd'hui. Protégé au titre des monuments historiques depuis le 12 avril 1927, le Plessis a retrouvé une vocation culturelle : il abrite depuis 1998 la compagnie théâtrale Groupe K, qui a développé des projets artistiques et sociaux. Une mise en vente par la ville de Tours en 2016 fut retirée après des oppositions ; le Groupe K a poursuivi depuis 2019 puis depuis 2022 l'installation d'un tiers lieu culturel et humaniste structuré autour d'une gouvernance partagée et de comités d'usagers. Le projet actuel articule les axes Arts, Biodiversité, Éducation artistique et culturelle, Histoire et patrimoine, et propose des activités destinées notamment à des publics éloignés des arts ; plus de 15 000 usagers participent chaque année aux manifestations et activités liées au site.