Origine et histoire
Le château de Polignac, mentionné dès 929-935 sous le nom de castrum Podianacus, est une forteresse médiévale construite sur une plateforme basaltique à 806 m d’altitude, dominant la vallée du Velay. Son emplacement stratégique, entre Le Puy-en-Velay (ancien Anicium) et Saint-Paulien (Ruessium), suggère une occupation dès l’Antiquité. La butte, entourée de falaises abruptes sauf au nord où trois lignes de remparts furent érigées, abritait jusqu’à 800 soldats, en plus de la famille seigneuriale et de ses domestiques.
La forteresse fut le siège des vicomtes de Polignac, mentionnés dès la fin du IXe siècle, qui en firent leur résidence jusqu’au XVIIe siècle. Alliés ambivalents des rois de France, ils se rebellèrent contre Louis VI le Gros (XIIe siècle) et Louis XI (XVe siècle). Le château, doté d’une chapelle Saint-Andéol attestée dès 1075, fut le théâtre de conflits avec les évêques du Puy pour le contrôle des péages liés au pèlerinage marial. Le logis seigneurial, reconstruit en pierre au XIIe siècle, fut agrandi à la Renaissance, tandis que le donjon carré (32 m de haut), édifié par Randon Armand X (vicomte de 1385 à 1421), fut restauré en 1565 par Philiberte de Clermont.
Le 17 juillet 1532, François Ier y séjournait, surnommant les Polignac « rois des montagnes ». Pendant les guerres de Religion, la forteresse resta un bastion royaliste face au Puy ligueur. Abandonnée au XVIIe siècle au profit du château de Lavoûte-Polignac, elle tomba en ruines après la Révolution, ses pierres servant de carrière. Rachat en 1830 par le 2e duc de Polignac, le site fut partiellement restauré (donjon, chemin de ronde) et classé monument historique en 1840 par Prosper Mérimée. Les fouilles du XIXe et XXIe siècles ont révélé des objets médiévaux (jeu d’échecs en ivoire, arquebuse) et des traces d’un palais civil roman.
Aujourd’hui, la plateforme (120 m x 90 m) conserve une enceinte crénelée de 806 m, six portes (dont une du XIIIe siècle), et le donjon rectangulaire avec son escalier à vis de 144 marches. Le glacis à sa base et les ruines des bâtiments (seigneurie, vicomté) témoignent de son passé militaire. Géré depuis 2012 par l’association Forteresse Polignac Patrimoine, le site perpétue la légende d’un temple d’Apollon, bien que les preuves archéologiques manquent. Les restaurations actuelles, soutenues par la Fondation Forteresse de Polignac, visent à préserver ce symbole du pouvoir féodal en Velay.