Origine et histoire du Château de Poncé
Le château de Poncé, sur l'ancienne commune de Poncé-sur-le-Loir, est un des plus beaux témoins de la première Renaissance du Val de Loire, édifié pour Jean de Chambray vers 1542 dans la lignée d'Azay-le-Rideau. Il est partiellement classé et inscrit au titre des monuments historiques. Du château féodal des seigneurs de Poncé, premiers barons du Vendômois, il subsiste quelques vestiges, notamment les bases de deux tours. La seigneurie passa au début du XIVe siècle à Bouchard de Courtremblay puis, par mariage, aux Angennes et, en 1440, à une branche cadette des Chambray. Le château actuel fut reconstruit au pied du château féodal, probablement achevé vers 1542 d’après une date relevée sur une console de l’escalier. Poncé demeura dans la même famille en lignée féminine jusqu’en 1895 ; la succession se transmit par alliances aux familles de Thiville, Coigne, Durcet et Leconte de Nonant. En 1895 le domaine fut acheté par le comte de Partz, puis revendu en 1924 au docteur Latron, qui entreprit sa restauration avec les architectes Polti, Vérité, Lagrange et Vassas. Un musée d’art et de traditions populaires a été installé dans les communs datés du XVIIIe siècle et remaniés au XIXe siècle. Le site conserve un labyrinthe de charmille dont le tracé remonte à la Renaissance. Un décor néogothique en brique et pierre, élevé en 1830 et de plus de trente mètres de haut, a été construit contre le coteau pour isoler le domaine du village. À l’origine, deux hauts pavillons encadraient symétriquement la tour d’escalier ; le pavillon Est a disparu au XVIIIe siècle et a été remplacé en 1804 par un bâtiment sans caractère mais qui suggère les volumes d’origine. L’élément le plus remarquable du château est son grand escalier sculpté, contemporain de la construction et resté sans retouches. Sur six voûtes successives, près de 160 caissons, tous différents, décorent les plafonds avec des motifs végétaux, mythologiques, bibliques et héraldiques. Ces sculptures, par leur fantaisie et leur finesse, font de l’escalier l’un des plus beaux escaliers Renaissance de France. La façade nord est bordée d’une élégante galerie à l’italienne formant terrasse en sa partie supérieure ; la « Terrasse Caroline » a été élevée en 1830. Le pigeonnier, imposant, renferme plus de 1800 boulins et a conservé ses échelles tournantes. Les communs de 1775 complètent cet ensemble pittoresque, qui comprend aussi un portail sur la rue des Coteaux et une mise en valeur de la façade nord. Les jardins du château sont surtout remarquables pour leur charmille en deux sections successives formant un long tunnel de verdure ; la première offre des salles de verdure ponctuées de petits bassins, la seconde un labyrinthe dont le centre est occupé par un platane planté vers 1580. Une terrasse bordée de tilleuls surplombe les parterres et conduit à un jardin à l’italienne dessiné dans les années 1930 derrière le château. Ces jardins bénéficient du label « Jardin remarquable ». Les façades et toitures, le grand escalier intérieur et le colombier du XVIIe siècle ont été classés monuments historiques par arrêté du 29 septembre 1928. La Terrasse Caroline a été classée par arrêté du 26 janvier 1989. Les intérieurs du château, le bâtiment des communs et le jardin potager ont été inscrits par arrêté du 17 janvier 1996, et les jardins classés par arrêté du 21 janvier 1999.