Origine et histoire du Château de Pont-d'Ain
Le château de Pont-d'Ain trouve ses origines avant 1285, lorsque les sires de Coligny y érigent une première forteresse. Au XIIIe siècle, la seigneurie passe aux mains des La Tour-du-Pin par le mariage de Béatrix de Coligny avec Albert III, avant d’être cédée en 1285 au duc de Bourgogne, puis échangée en 1289 avec le comte Amédée V de Savoie. La maison de Savoie en fait une place forte stratégique, lieu de naissance et de résidence des princes savoyards pendant près de trois siècles. Le château, incendié en 1327 par le Dauphin et ses alliés, est reconstruit et reste un centre politique majeur de la Bresse.
En 1586, le duc Charles-Emmanuel de Savoie inféode la seigneurie à Joachim de Rye, marquis de Treffort, qui entreprend vers 1590 une reconstruction majeure du château, dont témoignent encore les armes sculptées des Rye. Le monument capitule en 1595 face aux troupes de Biron, avant de passer entre les mains de plusieurs familles nobles : les Longuy, les Lesdiguières, puis les Perrachon au XVIIIe siècle. Ces derniers le cèdent en 1735 à Philibert de Grollier, dont les descendants le conservent jusqu’en 1804. Le château, transformé en maison de retraite pour prêtres en 1833, conserve des éléments médiévaux (fossés, tours, puits du XIVe siècle) et des aménagements des XVIe et XVIIIe siècles.
Architecturalement, le château se compose d’un logis rectangulaire sur trois niveaux, remanié au XVIIIe siècle, avec un escalier en bois daté de 1594 et une chapelle peinte au XIXe siècle. La cour, entourée de bâtiments partiellement construits sur des murs médiévaux, abrite des dépendances conservant des vestiges anciens (cave voûtée, four). Le site, inscrit aux monuments historiques depuis 2004, est entouré d’un parc planté d’arbres séculaires. Son histoire reflète les luttes de pouvoir en Bresse, entre Dauphiné, Savoie et France, ainsi que son rôle de résidence princière et de symbole seigneurial.
Le château est étroitement lié à la maison de Savoie, servant de lieu de naissance à des figures comme Édouard de Savoie, Philibert le Beau, ou Louise de Savoie (mère de François Ier). Marguerites de Savoie, veuve du duc Philibert, y réside fréquemment, y accueillant même l’archiduc Philippe en 1501. La relique du Saint-Suaire y est exposée à cette occasion. Après la Révolution, le château change de vocation, devenant un lieu de retraite ecclésiastique, marquant ainsi son adaptation aux époques successives, de la forteresse médiévale au patrimoine culturel contemporain.