Origine et histoire
Le château de Pont-sur-Seine trouve ses origines dans un château fort médiéval situé sur le fief des Caves, appartenant initialement à la famille de Guise. En 1632, Claude Bouthillier de Chavigny, surintendant des finances de Louis XIII, acquiert la seigneurie et entreprend la construction d’un nouveau château selon les plans de l’architecte Pierre Le Muet. Les travaux s’étalent sur plusieurs années, avec des aménagements comme la serrurerie (1641) et les fontaines (1641-1642). La Grande Mademoiselle, dans ses Mémoires, le décrit comme « une des plus belles maisons de France » et y séjourne à plusieurs reprises, notamment en 1652 lors de son exil forcé de Paris.
Au XVIIIe siècle, le château passe entre les mains du prince François-Xavier de Saxe en 1775, qui y réside jusqu’à sa déclaration d’émigration en 1792, entraînant la confiscation de ses biens. Napoléon Bonaparte, qui appréciait le domaine, l’offre à sa mère, Letizia Ramolino, en 1804. Celle-ci y vit jusqu’en 1813, mais le château est ravagé par les troupes prussiennes en 1814. Contrainte par les traités post-napoléoniens, elle le revend peu après. Le domaine est ensuite racheté en 1821 par Casimir Perier, futur président du Conseil sous Louis-Philippe Ier, qui le reconstruit partiellement avec l’architecte Pierre-Anne Dedreux.
Les jardins du château, inspirés des modèles de Richelieu, Vaux-le-Vicomte et Versailles, étaient organisés de manière symétrique. Un grand parterre avec fontaine centrale, un escalier en fer à cheval inspiré de Fontainebleau, un potager et un verger encadraient un double canal, plus tard transformé en un seul. Ces aménagements reflétaient l’ambition de Bouthillier de Chavigny pour sa « maison des champs ». Le domaine inclut aussi les ruines du château des Salles, ancien lieu de séjour des seigneurs de Nogent, intégré au parc au XVIIe siècle.
Le château reste dans la famille Casimir-Perier jusqu’en 1980, période durant laquelle Jean Casimir-Perier, petit-fils de Casimir Perier, devient brièvement président de la République française (1894-1895). Le colombier, les communs et l’abreuvoir datent des époques antérieures à la reconstruction du XIXe siècle. Aujourd’hui, le site témoigne de ces strates historiques, depuis son origine médiévale jusqu’à ses transformations modernes.