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Château de Portes dans le Gard

Château de Portes

    D90630530 Portes

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Début XIe siècle
Construction initiale
1114
Mort de Raymond Ier d'Anduze
13 février 1321
Achat par Raymond Guilhem de Budos
1384
Récupération par Thibaud de Budos
1583
Érection en vicomté
1613
Marquisat par Marie de Médicis
1693
Extinction des Budos
1781
Vente à Louis XVI
1929
Effondrement minier
1933
Village rasé et reconstruit
1972
Création de l'association RCP
1984
Classement monument historique
2011
Ambassadeur du Parc des Cévennes
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Raymond Ier d'Anduze - Seigneur de Portes (env. 1047–1114) Possible initiateur de la construction.
Raymond Guilhem de Budos - Seigneur et neveu de Clément V Acheteur et agrandisseur en 1321.
Thibaud de Budos - Seigneur de Portes (XIVe s.) Récupère le château en 1384.
Jacques Ier de Budos - Vicomte de Portes (XVIe s.) Modernise les défenses (1570–1580).
Antoine Hercule de Budos - Maréchal de camp et marquis Tué au siège de Privas (1629).
Marie-Felice de Budos - Dernière héritière des Budos Lègue le château aux Conti (1693).

Origine et histoire

Le château de Portes, édifié au début du XIe siècle, est un château fort stratégique situé à 577 mètres d’altitude sur le col de Portes, dans le département du Gard. Il contrôlait la voie de Regordane, route médiévale empruntée par les pèlerins de Saint-Gilles et les marchands reliant le Massif central à la Méditerranée. Son emplacement offrait un panorama exceptionnel, du Mont Lozère aux Alpes, et permettait de prélever un péage sur les voyageurs et les marchandises. Aucune trace archéologique ne confirme l’existence d’un castrum antérieur, mais son évolution progressive autour d’une tour carrée initiale semble probable, liée à la surveillance de ce passage ancestral.

La première mention écrite du château remonte au XIe siècle, possiblement sous l’impulsion de Raymond Ier d’Anduze (env. 1047–1114), premier seigneur connu de Portes. Le site passe ensuite à la maison d’Anduze, puis par héritage à Guillaume de Châteauneuf-Randon via sa grand-mère maternelle. En 1321, Raymond Guilhem de Budos, neveu du pape Clément V, acquiert la baronnie des Portes-Bertrand et agrandit le château au XIIIe siècle, y ajoutant au moins deux tours. La forteresse, stratégiquement renforcée, change de mains pendant la Guerre de Cent Ans : Thibaud de Budos la récupère en 1384 après la confiscation à son père André de Budos, allié des Anglais.

Aux XVe et XVIe siècles, le château est progressivement remanié pour s’adapter aux nouvelles techniques militaires (glacis, barbacane, plateformes d’artillerie). Pendant les Guerres de Religion, la famille de Budos, ligueuse, voit ses terres érigées en vicomté (1583) par Henri III, qui récompense Jacques Ier de Budos pour ses services. Le bastion sud-est, élevé entre 1570 et 1580, illustre ces transformations défensives. En 1613, Marie de Médicis érige la seigneurie en marquisat pour Antoine Hercule de Budos, maréchal de camp tué au siège de Privas (1629). La lignée s’éteint en 1693 avec Marie-Felice de Budos, dont l’héritage passe à son neveu, le Prince de Conti, avant d’être vendu à Louis XVI en 1781.

La Révolution nationalise le château, qui change six fois de propriétaires au XIXe siècle. En 1841, la famille de La Vernède l’acquiert et entreprend des restaurations. Cependant, l’exploitation intensive des mines de charbon pendant la Première Guerre mondiale provoque l’effondrement partiel du sous-sol de Portes en 1929, endommageant gravement le château et le village. Ce dernier est rasé en 1933 et reconstruit ailleurs. Dans les années 1960, les galeries minières sont comblées pour stabiliser l’édifice, mais la partie médiévale reste en ruine. En 1969, les habitants se mobilisent pour sa sauvegarde, menant à la création de l’association Renaissance du Château de Portes (1972). Classé monument historique en 1984, il devient Ambassadeur du Parc National des Cévennes (Patrimoine mondial de l’UNESCO) en 2011.

Architecturalement, le château se distingue par son éperon à 49 degrés, évoquant une proue de navire, lui valant le surnom de « vaisseau en Cévennes ». Le site illustre six siècles d’évolution des techniques fortifiées, des tours médiévales aux aménagements d’artillerie de la Renaissance. Aujourd’hui propriété des héritiers Coquebert de Neuville, il est géré par l’association RCP, qui organise des chantiers de bénévoles, des visites (printemps-automne), et des événements culturels. Le château témoigne aussi des bouleversements économiques locaux, liés à l’exploitation minière (fer, argent, charbon) depuis l’Antiquité.

Liens externes

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