Origine et histoire du Château de Pourtalès
Le château de Pourtalès, situé dans le parc éponyme au nord-est de la Robertsau à Strasbourg, fut initialement la propriété de Joseph Guérault, entrepreneur des fortifications de la ville au XVIIIe siècle. En 1784, il passe au baron de Coehorn, puis est acquis en 1802 par le banquier Athanase Paul Renouard de Bussierre. Son fils, Alfred Renouard de Bussière, y réalise des transformations en 1844, avant que le domaine ne soit hérité par Mélanie de Pourtalès, épouse d’Edmond de Pourtalès-Gorgier, qui le transforme profondément entre 1887 et 1902.
Sous Mélanie de Pourtalès, le château devient un haut lieu de la diplomatie européenne et un foyer de culture française pendant l’annexion allemande (1870-1918). Elle y reçoit des personnalités comme Napoléon III, le prince de Metternich, ou Franz Liszt, et fait aménager un deuxième étage en 1897 et une tourelle-bibliothèque en 1907. Le parc à l’anglaise accueille des représentations théâtrales, comme Les Folies amoureuses en 1911, attirant des invités illustres tels que Guillaume II ou Albert Schweitzer.
Après la mort de Mélanie en 1914, sa fille Agnès, marquise de Loÿs-Chandieu, perpétue cette tradition en accueillant des figures littéraires et politiques (Joseph Joffre, François Mauriac, Anna de Noailles). En 1929, le château passe à sa fille, Mme Maurice Bérard, qui le ferme en 1939. Après la Seconde Guerre mondiale, il abrite le Collège de l’Europe libre (fondé en 1951 par la CIA), puis devient en 1972 un campus de la Schiller International University, tandis que son parc, racheté par la ville, s’ouvre au public.
Le domaine inclut des dépendances comme la ferme Bussierre, aujourd’hui dédiée aux espaces verts de Strasbourg. Un drame marque son histoire en 2001, quand la chute d’un platane lors d’un spectacle cause la mort de 13 spectateurs. Le château, inscrit aux monuments historiques depuis 1984, allie ainsi patrimoine architectural, mémoire diplomatique et tragédie contemporaine.