Frise chronologique
1139–1312
Période des comtes de Comminges
Période des comtes de Comminges
1139–1312 (≈ 1226)
Création de la baronnie de Prat
1268
Première mention écrite
Première mention écrite
1268 (≈ 1268)
Acte attestant une forteresse
1529–1543
Transformation Renaissance
Transformation Renaissance
1529–1543 (≈ 1536)
Travaux de Jean II de Mauléon
1788
Acquisition par Roquemaurel
Acquisition par Roquemaurel
1788 (≈ 1788)
Propriétaire à la Révolution
1802–1907
Ère des comtes de Nouaillan
Ère des comtes de Nouaillan
1802–1907 (≈ 1855)
Modernisation du château
14 octobre 1997
Classement monument historique
Classement monument historique
14 octobre 1997 (≈ 1997)
Inscription officielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château avec sa porterie, ses terrasses et murs de soutènement (cad. C 750, 751, 753) : inscription par arrêté du 14 octobre 1997
Personnages clés
| Jean II de Mauléon - Évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges |
Transforma la forteresse en château Renaissance |
| Étienne de Nouaillan - Comte propriétaire (1802–1907) |
Modernisa le château (eau, électricité) |
| Louis-Victor Gesta - Artisan verrier toulousain |
Auteur du vitrail de la chapelle |
Origine et histoire
Le château de Prat, situé dans le Couserans à la limite du Comminges, occupe un piton rocheux à 380 mètres d’altitude, au confluent du Salat et de la Gouarège. Ce site stratégique, probablement un ancien oppidum romain comme en attestent des mosaïques dans la cour intérieure, servait de vigie sur un axe de passage majeur depuis l’Antiquité. La première mention d’une forteresse date de 1268, alors propriété des comtes de Comminges, qui y établirent la baronnie de Prat jusqu’en 1312. Le château resta un avant-poste défensif de la vallée, combinant position dominante et rôle de surveillance.
Entre 1529 et 1543, l’évêque Jean II de Mauléon transforma radicalement la forteresse en château Renaissance. Il fit raser des tours, réduire les défenses extérieures, et ajouter des éléments décoratifs comme des fenêtres à meneaux sculptés (sirènes, dragons, salamandres) dans le style toulousain du XVIe siècle. La porte d’entrée, dite « porte François 1er », devint un chef-d’œuvre du lieu, ornée de son blason épiscopal et de la devise Nondum venit hora mea. Les modifications intérieures, comme l’escalier à vis du XVe siècle remanié, reflètent cette transition entre moyen âge et Renaissance.
Le château changea plusieurs fois de mains : passé des Mauléon (1370–1611) aux barons de Montpezat, puis à François Le Fol de Garaud en 1631, avant d’être acquis par Aimé de Roquemaurel en 1788, à la veille de la Révolution. Au XIXe siècle, le comte Étienne de Nouaillan y introduisit des modernités (eau, électricité, chauffage) et restaura des éléments comme le grand salon ou la chapelle, dotée d’un vitrail de Louis-Victor Gesta. Après 1907, sous les comtes d’Avancourt, le château se dégrada faute d’entretien, avant de connaître plusieurs changements de propriétaires aux XXe et XXIe siècles.
Classé monument historique en 1997 pour ses éléments défensifs (porterie, terrasses, murs de soutènement) et ses décors intérieurs (gypseries du XVIIIe siècle, vitraux), le château de Prat reste une propriété privée non ouverte au public. Son architecture mêle encore aujourd’hui les traces de son origine médiévale (enceintes circulaires, tour crénelée) et les ajouts Renaissance ou néo-renaissants, comme l’aile du XIXe siècle ou la tour d’escalier hybride.