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Château de Princé en Loire-Atlantique

Château de Princé

    0 Bis Prince
    44680 Chaumes-en-Retz

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1382
Première mention du château féodal
1400
Transmission à Guy de Laval
1641
Poème *Le Palais de la volupté*
12 août 1659
Mort d'Henri de Gondi
1774
Vente du domaine en deux lots
2 décembre 1793
Incendie pendant la guerre de Vendée
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jeanne Chabot - Dame de Retz Propriétaire du château en 1382, surnommée *Jeanne la Folle*.
Guy de Laval - Petit-fils de Jeanne Chabot Héritier de Princé en 1400.
Gilles de Rais - Compagnon de Jeanne d’Arc Associé à la *Tour de Barbe-bleue* du château.
Henri de Gondi - Duc de Retz Aménagea les jardins et mourut à Princé en 1659.
Jean Guillon - Écuyer et secrétaire du roi Acheta Princé en 1778 et construisit un château moderne.
Saint-Amant - Poète du XVIIe siècle Auteur du *Palais de la volupté* (1641) décrivant le site.

Origine et histoire

Le château de Princé, situé à Chaumes-en-Retz en Loire-Atlantique, est un site historique marqué par plusieurs constructions successives. Le plus ancien, un château féodal entouré de douves, est cité dès 1382. Il fut habité par Jeanne Chabot, dite Jeanne la Folle, dame de Retz, qui le transmit à son petit-fils Guy de Laval. Gilles de Rais, célèbre pour son rôle aux côtés de Jeanne d’Arc, y est associé par une tour disparue au XXe siècle, surnommée la Tour de Barbe-bleue. Une chapelle, vestige de cette époque, subsiste encore sur le site.

Au XVIIe siècle, Henri de Gondi, duc de Retz, y aménagea un pavillon Renaissance et des jardins d’exception, les Îles enchantées, organisés en cinq îles ceintes de canaux. Ces jardins mêlaient espaces nourriciers, d’agrément et fonctionnels, avec des monuments comme le Baignoir ou la Tortuère. Le château fut incendié en 1793 pendant la guerre de Vendée, puis partiellement reconstruit avant d’être abandonné. Un second château, dit Princé Neuf, fut édifié au XIXe siècle, mais il n’en reste que des traces cadastrales.

Le site est aussi lié à des figures littéraires : le poème Le Palais de la volupté (1641) de Saint-Amant décrit le château neuf comme un microcosme harmonieux, dédié à Apollon, Neptune, Pan et Diane. Les jardins, bien que partiellement modifiés au XVIIIe siècle, témoignent d’un projet artistique unique, mêlant nature et architecture. Aujourd’hui, seuls des vestiges, comme des murs, des canaux et une tour, rappellent ce passé prestigieux.

Le domaine fut morcelé en 1774, avec la vente séparée du château vieux et du pavillon. Jean Guillon, écuyer du roi, y construisit un château moderne et un belvédère en 1778. Les plans anciens, comme celui de 1678, révèlent une organisation complexe, avec des allées, des étangs et des édifices aujourd’hui disparus. Le cadastre de 1836 confirme cet aménagement, offrant une vision précise de l’évolution du site.

La forêt de Princé et ses abords, comme le Palais de la Volupté ou les Îles enchantées, furent des lieux de récréation pour l’aristocratie locale. Des kermesses y étaient organisées, et un podium en est un vestige. Le site illustre aussi les déplacements stratégiques de châteaux dans la région, liés à la défense des cours d’eau comme l’Acheneau ou le Tenu. Aujourd’hui, il offre un témoignage rare de l’art des jardins à la Renaissance.

Les sources archéologiques et historiques, comme les travaux de V. Mathot (1992), ont permis de localiser des éléments disparus, tels que le Baignoir ou la Tortuère, une cabane en forme de dôme. Ces découvertes soulignent l’ingéniosité des aménagements hydrauliques et paysagers, conçus pour le plaisir et la chasse. Le château de Princé reste ainsi un symbole du patrimoine ligérien, entre histoire médiévale et héritage Renaissance.

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