Origine et histoire du Château de Prye
Le château de Prye, situé à La Fermeté dans la Nièvre, est une construction majeure des XVIIe et XIXe siècles, édifiée sur les vestiges d’une ancienne forteresse médiévale dont subsistent une tour et des douves. Isolé dans la vallée de l’Ixeure, à 240 mètres d’altitude, il se compose de deux corps de logis reliés par un passage couvert, construits en pierre locale. Le domaine, ceint d’un mur de 7 km, inclut un parc dessiné en 1873 par l’architecte-paysagiste Edouard André, ainsi que des écuries inspirées de Versailles, bâties dans les années 1880 par Antonin du Bourg de Bozas, écuyer de Napoléon III.
Le château actuel allie des éléments classiques (galerie Louis XIII, salons tapissés) et néo-gothiques (lucarnes à fronton aigu, arcs en accolade). Une tour hexagonale à trois niveaux et une tourelle surmontée d’une flèche polygonale marquent son extrémité nord-est. La Chambre du Roi, aménagée pour Jean Sobieski, roi de Pologne et époux de Marie-Casimire-Louise de La Grange d’Arquien, témoigne de son passé prestigieux. Les écuries, aujourd’hui salle de réception, et la régie transformée en gîte rural illustrent l’adaptation contemporaine du domaine, classé Monument Historique en 2006.
La famille du Bourg de Bozas, propriétaire depuis le XVIIIe siècle, a marqué l’histoire du lieu. Emmanuel du Bourg (1894–1990) vendit aux enchères en 1990–1991 la célèbre bibliothèque du château, tandis qu’Antonin du Bourg (1836–1922) et son fils Robert, explorateur mort au Niger en 1902, incarnent son héritage familial. Le parc, de style mixte, et les massifs forestiers aménagés avec des perspectives vers le château soulignent l’ambition paysagère du XIXe siècle.
Les armoiries de la Maison Du Bourg, visibles sur le pavillon d’entrée, rappellent leur statut de marquis. Le château conserve aussi des traces de ses origines médiévales, comme une tour circulaire à base talutée, autrefois dotée d’un escalier intégré. Les architectes Massillon-Rouvet, Tarlier, et Thomas Albert ont contribué à sa reconstruction à la fin du XIXe siècle, tandis qu’Edouard André a conçu le parc et les jardins, fusionnant nature et architecture.
La forge de Prye, acquise en 1812 par la marquise du Bourg de Bozas, et le château Saint-Hubert en Sologne, vendu en 1923, témoignent de l’étendue des propriétés familiales. Le domaine, primé pour sa restauration exemplaire, reste un exemple remarquable de patrimoine préservé, alliant histoire, architecture et paysages, aujourd’hui partiellement ouvert pour des événements.
Les seigneurs de Prye, comme Gaucher (vers 1100) ou Jean de Prie (1285), ainsi que Marie-Casimire-Louise de La Grange d’Arquien, reine de Pologne, ont marqué son histoire. Le château, classé en totalité (château, écuries, parc, murs), incarne près de neuf siècles de transformations, des fortifications médiévales aux aménagements paysagers du XIXe siècle.