Origine et histoire
Le château de Pusignan, aussi appelé Chastel-Vieil, est un ancien château de terre érigé au XIIe siècle sur une motte castrale, elle-même construite sur les ruines d’un camp romain établi par Pusinius, lieutenant de Jules César. Ce camp contrôlait la voie entre Lyon (Lugdunum) et Crémieu (Crémiacum). Après la chute de Rome, les Burgondes occupèrent le site avant qu’une tour en bois, puis en galets, ne soit édifiée au Moyen Âge sous le nom de « Vieux chatel ». Trop modeste pour résister aux conflits féodaux, il fut remplacé par un château fortifié par les seigneurs de Moifond, capable d’abriter les paysans en cas d’attaque.
En 1234, le château devint un fief de la famille de Bocsozel, vassale du comte de Savoie puis du Dauphin Humbert II. En 1389, le roi Charles VI autorisa sa démolition, marquant la fin du « Vieux Chatel ». Le site joua un rôle clé lors de la bataille d’Anthon en 1430 : Alix de Varax, propriétaire, soutint le prince d’Orange contre le Dauphiné. Le château, occupé par une garnison orangiste, fut pris par les troupes delphinales dirigées par Rodrigue de Villandrando, un capitaine de routiers. Cette victoire sauva le Dauphiné d’une invasion bourguignonne.
Confisqué par Charles VII après la trahison d’Alix de Varax, le château fut offert à Villandrando avant d’être acheté en 1450 par Aymar de Poisieu, ancien lieutenant de Jeanne d’Arc et proche de Louis XI. Les siècles suivants virent le domaine passer entre les mains de familles nobles : les Costaing (dont Aymar, lieutenant général de la fauconnerie sous Louis XIII), puis les Camus d’Arginy, qui devinrent marquis de Pusignan en 1679. Claude Costaing de Pusignan, dernier héritier, mourut en 1689 lors d’un siège en Irlande. Le château, vendu à plusieurs reprises, fut finalement pillé et incendié le 29 juillet 1789 par des brigands et des paysans révoltés.
Aujourd’hui, il ne reste du château médiéval que des vestiges de murs et de tours, témoins silencieux de son histoire mouvementée, liée aux luttes féodales, aux stratégies militaires et aux bouleversements de la Révolution. Sa position dominante près de Lyon-Saint Exupéry rappelle son importance passée dans la défense du territoire dauphinois.