Château de Quéribus à Cucugnan dans l'Aude

Patrimoine classé Patrimoine défensif Châteaux cathares Les cinq fils de Carcassonne

Château de Quéribus

  • 403 Al Traou de l'Ouille
  • 11350 Cucugnan
Château de Quéribus
Château de Quéribus
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Château de Quéribus
Château de Quéribus
Crédit photo : ArnoLagrange - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1021
Première mention écrite
Xe siècle
Origines du château
1239
Vente au roi
1255
Siège et reddition
1258
Traité de Corbeil
XIIIe et XIVe siècles
Reconstruction et renforcement
1473
Prise par l'Aragon
1659
Traité des Pyrénées
1907
Classement historique
1951
Début des restaurations
1998-2002
Restauration complète
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château de Quéribus (ruines) : classement par arrêté du 11 octobre 1907

Personnages clés

Bernard Tailefer Comte de Besalú ayant mentionné Quéribus dans son testament.
Louis IX Roi de France ayant acheté le château en 1239.
Chabert de Barbaira Défenseur du château lors du siège de 1255.
Olivier de Termes Preneur du château en 1255 après un siège.

Origine et histoire du Château de Quéribus

Les ruines du château de Quéribus dominent la commune de Cucugnan, dans l'Aude, et se dressent sur un piton rocheux à 728 mètres d'altitude, à la limite des Pyrénées-Orientales. Perché au bord d'un précipice d'environ 60 mètres côté midi, l'édifice s'étage sur la crête descendante et s'adapte au rocher. Son existence remonte sans doute au Xe siècle et des fouilles ont mis au jour des céramiques de l'âge du Fer ainsi que des traces d'occupation mérovingienne et carolingienne. Le nom de Quéribus, qui signifie « rocher des buis », apparaît pour la première fois en 1021 dans le testament de Bernard Tailefer, comte de Besalú, et le castrum dépendait alors de la vicomté du Peyrapertusès. Au cours du haut Moyen Âge, la forteresse passe sous diverses suzerainetés, notamment celles liées au comté de Besalú puis à la couronne d'Aragon. À l'époque des croisades contre les albigeois, Quéribus joue un rôle de refuge pour des responsables de l'Église cathare et fait l'objet de transactions et de luttes de pouvoir entre seigneurs locaux et la couronne de France. Vendu au roi de France Louis IX en 1239 avec Peyrepertuse, le château fut défendu par des partisans tels que Chabert de Barbaira et, après un siège d'environ trois semaines, pris en mai 1255 par Olivier de Termes qui accepta la reddition contre la libération de son adversaire. Intégré ensuite au réseau défensif français et placé sous le commandement de Carcassonne, Quéribus devient l'une des places fortes maîtresses, au nombre des « cinq fils de Carcassonne ». Le traité de Corbeil de 1258 fixe la frontière au sud des Corbières, ce qui renforce temporairement son rôle militaire, mais d'autres évolutions politiques et militaires réduiront progressivement son importance. Au fil des XIIIe et XIVe siècles, les rois de France font reconstruire et renforcer la forteresse ; le château connaît par la suite des épisodes de combats, notamment sa prise par les troupes du roi d'Aragon en 1473. La signature du traité des Pyrénées en 1659 repousse la frontière vers les Pyrénées et fait perdre à Quéribus son intérêt stratégique, même si une garnison y demeure encore plusieurs décennies. Abandonné à la Révolution, le château se dégrade puis est classé monument historique en 1907 ; la région alentour est protégée depuis 1943 et le site fait l'objet d'un classement élargi en 2017. Des campagnes de restauration et de consolidation débutent en 1951, s'inscrivent dans des travaux ponctuels dans les années 1970 et aboutissent à une restauration plus complète entre 1998 et 2002, avec notamment l'aménagement du toit du donjon en terrasse pour les visiteurs. Des fouilles menées entre 1984 et 1989 ont révélé des structures d'habitat sur une plate-forme en contrebas et apporté des informations sur l'organisation du site. Le château comporte trois enceintes étagées le long de la falaise, qui intègrent des dispositifs défensifs variés issus de plusieurs siècles d'évolution de l'architecture militaire : chicanes, archères fines pour arbalétriers, meurtrières canonnières, mâchicoulis, assommoirs et bretèches. Des chemins de ronde et des casemates permettaient la surveillance des points vulnérables ; la taille des citernes et des bâtiments limitait en revanche le nombre de défenseurs nécessaires, estimé à quinze à vingt hommes. L'ensemble comprend un corps de logis, des salles de stockage, des citernes et un donjon polygonal situé dans la troisième enceinte, au sommet de la falaise. Construit en plusieurs campagnes, le donjon présente des murs très épais et une géométrie polygonale destinée à mieux résister aux projectiles ; son sommet est accessible par un escalier à vis logé dans une tour rectangulaire accolée. À l'intérieur, la salle gothique, occupée par une cave et une salle principale, est éclairée par une grande fenêtre et conserve les restes d'une cheminée ; un pilier central du XIIIe siècle, au culot pyramidal, soutient une voûte nervurée à quatre croisées d'ogives et portait le plancher séparant les deux niveaux. Ce pilier central est exceptionnel, car il correspond à la présence d'une chapelle au cœur du donjon, particularité qui demeure singulière. Du sommet du donjon s'ouvre un panorama sur les Pyrénées, la mer Méditerranée et les vignobles des Corbières. Les ruines du château de Quéribus sont protégées au titre des monuments historiques par arrêté du 11 octobre 1907.

Liens externes