Origine et histoire du Château de Querrieu
Le château de Querrieu, situé à cheval sur les communes de Querrieu et Pont-Noyelles (Somme), trouve ses origines au Moyen Âge. Un premier château médiéval, visité par François Ier en 1517 et Henri IV en 1595, fut détruit en 1636 par les armées espagnoles lors du siège de Corbie. Seules subsistent aujourd’hui les bases de deux tours semi-circulaires et un cellier, vestiges de cette époque.
Au XVIIe siècle, la seigneurie de Querrieu passa à la famille de Gaudechart par le mariage de Robert Gaudechart avec Gabrielle de Saveuse en 1596. Leur descendant, François de Gaudechart, maréchal de camp, fit reconstruire le château en brique et pierre. En 1652, la seigneurie fut élevée au rang de marquisat. Après la mort de son époux en 1735, Anne-Françoise Perrin, marquise douairière, entreprit des transformations majeures, suivies au XVIIIe siècle par Paul-Maximilien de Gaudechart, qui modifia les baies, combla les fossés et aménagea le parc.
Le XIXe siècle marqua une nouvelle phase de transformations sous l’impulsion de la princesse Clémentine-Charlotte de Rohan, veuve de Louis François de Gaudechart. Entre 1830 et 1840, le château fut surélevé d’un étage, doté d’ailes latérales, et son parc fut agrandi et redessiné à l’anglaise. Une grille monumentale fut ajoutée, ouvrant sur le village. Ces aménagements, encore visibles aujourd’hui, conférèrent au domaine son aspect actuel.
Pendant la Première Guerre mondiale, le château joua un rôle stratégique en tant que quartier général (QG) de la 4e armée britannique commandée par le général Rawlinson. C’est ici que fut préparée l’offensive de la Somme en 1916. Le site accueillit des figures majeures comme le roi George V, le maréchal Foch, et Lord Balfour. Des canons allemands capturés y furent entreposés avant d’être transférés au musée impérial de la guerre à Londres. Ce passé militaire en fit un lieu de mémoire de la Grande Guerre.
Après 1918, le château resta dans la famille d’Alcantara de Querrieu, descendante des Gaudechart. En 1927, Juan d’Alcantara obtint l’autorisation d’ajouter Querrieu à son nom. Le domaine, toujours habité par la famille, fut partiellement inscrit aux monuments historiques en 1998. Son architecture mêle un corps central du XVIIe siècle, des ailes du XIXe, et un parc paysager centenaire, témoignant de son évolution à travers les siècles.
Le château se distingue par ses décors intérieurs du XIXe siècle, notamment des lambris, parquets en marqueterie, et un escalier d’honneur. Le parc, agrandi au XIXe siècle, comprend un canal, un bassin circulaire, et des allées bordées d’arbres centenaires. Les communs, incluant écuries et pigeonnier, complètent cet ensemble architectural, partiellement restauré dans les années 1980.