Origine et histoire du Château de Quintigny
Le château de Quintigny est une ancienne maison forte médiévale, édifiée au XIIIe siècle comme siège de la seigneurie de Quintigny, vassale de la seigneurie voisine de L'Étoile. Situé à 3 km au nord-ouest de L'Étoile et à 9 km de Lons-le-Saunier, il est mentionné pour la première fois dans des écrits de 1290 et 1358. Le domaine, d’une superficie de 7 hectares, comprenait initialement un logis seigneurial, une chapelle dédiée à saint Claude, des dépendances agricoles, ainsi qu’un vignoble, un verger et une forêt.
La chapelle, de style gothique flamboyant avec une fenêtre en ogive, sert encore aujourd’hui d’église paroissiale pour le village. Le château, remanié aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, conserve des éléments architecturaux comme un portail voûté surmonté de tourelles en encorbellement. Les appartements intérieurs furent aménagés en 1739, comme en témoignent les plaques de cheminées datées, tandis que les parties agricoles furent modifiées au XIXe siècle.
Propriété de plusieurs familles nobles, le château passa entre les mains des Bouton (XIVe–XVe siècles), des Desprez (XVIe siècle), puis des Beaurepaire et Fauchier avant la Révolution. Depuis 1987, il est inscrit aux Monuments Historiques pour ses façades, toitures, chapelle et éléments intérieurs remarquables. Aujourd’hui, le domaine est un site viticole privé, produit des vins sous l’AOC L'Étoile, et reste un témoignage de l’histoire seigneuriale et viticole du Jura.
Parmi les seigneurs marquants, Jean de Jauche (dit Bouton) et sa descendance, dont Jeanne Bouton mariée à N. de Sainte-Croix, ont façonné l’histoire du lieu. Au XVIIe siècle, Joachim de Beaurepaire et Alexandre de Fauchier, marquis de Lullin, en furent également propriétaires. La chapelle, agrandie pour servir de lieu de culte villageois, illustre le lien étroit entre le château et la communauté locale.
Le site, toujours en activité viticole, allie patrimoine architectural et production vinicole. Son inscription aux Monuments Historiques protège un ensemble cohérent : logis seigneurial, chapelle, escalier à vis, et communs. Les remaniements des XIXe et XXe siècles (comme le porche daté de 1892) témoignent de son adaptation continue aux usages agricoles et résidentiels.