Frise chronologique
1522
Construction initiale
Construction initiale
1522 (≈ 1522)
Façades du corps central édifiées.
1610–1620
Transformations sous Nicolas de Lancy
Transformations sous Nicolas de Lancy
1610–1620 (≈ 1615)
Frontons, haies cynégétiques, influence italienne.
1610-1620
Travaux de Nicolas de Lancy
Travaux de Nicolas de Lancy
1610-1620 (≈ 1615)
Frontons des ailes et haies cynégétiques ajoutés.
1766–1781
Refonte par les marquis de Barres
Refonte par les marquis de Barres
1766–1781 (≈ 1774)
Déplacement des haies, destruction du vieux château.
1766-1781
Remaniement par les marquis de Barres
Remaniement par les marquis de Barres
1766-1781 (≈ 1774)
Démolition du vieux château, déplacement des haies.
25 novembre 1924
Classement Monuments historiques
Classement Monuments historiques
25 novembre 1924 (≈ 1924)
Façades, toitures et Porte rouge protégées.
1945
Tournage de *La Belle et la Bête*
Tournage de *La Belle et la Bête*
1945 (≈ 1945)
Jean Cocteau y filme des scènes.
1988
Création du golf
Création du golf
1988 (≈ 1988)
Aménagé dans le parc du château.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les quatre façades et les toitures ; les murs et balustrades entourant la cour d'honneur et la porte rouge donnant sur la forêt : classement par décret du 25 novembre 1924 ; Bâtiment longeant la place, le pigeonnier et le bâtiment (à droite de la cour de Brasseuse) de la ferme : inscription par arrêté du 22 août 1949 ; Mur de clôture avec ses quatre tourelles y compris le mur pignon des anciennes écuries et son échauguette (à l'exception de la porte rouge déjà classée) (cad. A 101 à 106, 108, 110 à 112) : inscription par arrêté du 5 juin 1967 ; Les deux plafonds peints du XVIIe siècle du rez-de-chaussée et du premier étage (cad. A 246) : classement par arrêté du 3 octobre 1983
Personnages clés
| Nicolas de Lancy - Seigneur de Raray (début XVIIe) |
Commanditaire des frontons et haies cynégétiques. |
| Antoine-Claude-Henry de Barres - Marquis de Raray (XVIIIe) |
Refonte du château et déplacement des haies. |
| Henry-François de Barres - Fils du marquis, héritier |
Poursuivit les transformations avant la Révolution. |
| Henri de La Bédoyère - Propriétaire (fin XIXe-début XXe) |
Modernisa le château et dégagea la perspective. |
| Jean Cocteau - Cinéaste (1945) |
Tourna des scènes de *La Belle et la Bête*. |
| Thomas Blaikie - Paysagiste écossais (1811-1828) |
Créa le jardin anglais aujourd’hui disparu. |
| Antoine-Claude-Henry, marquis de Barres - Seigneur (XVIIIe siècle) |
Fit remodeler le château et déplacer les haies. |
Origine et histoire
Le château de Raray, situé dans l’Oise (Hauts-de-France), est un édifice emblématique des XVIe et XVIIe siècles, mêlant styles Renaissance et classique. Construit initialement en 1522, il ne conserve de cette époque que les façades du corps central, marquées par des traces de meneaux disparus. Les transformations majeures interviennent entre 1610 et 1620 sous Nicolas de Lancy, qui ajoute des frontons moulurés aux ailes latérales et érige les célèbres haies cynégétiques, inspirées de modèles italiens. Ces balustrades monumentales, ornées de sculptures de chiens et de scènes de chasse, reliaient à l’origine le château à un vieux logis aujourd’hui détruit.
Au XVIIIe siècle, les marquis de Barres entreprennent une refonte radicale : entre 1766 et 1781, ils déplacent les haies cynégétiques pour les aligner parallèlement, démolissent le vieux château oriental, et construisent le « pavillon neuf » au sud avec les pierres récupérées. La Porte rouge, accès triomphal vers la forêt, est également déplacée lors de ces travaux. Une dernière campagne de modernisation, menée par Henri de La Bédoyère entre 1890 et 1914, achève de donner au château son aspect actuel, incluant la destruction de maisons obstruant la perspective de la cour d’honneur.
Le château doit aussi sa renommée à son apparition dans La Belle et la Bête (1945) de Jean Cocteau, tourné dans ses décors Renaissance. Classé Monument historique dès 1924 pour ses façades et toitures, il abrite également des plafonds peints du XVIIe siècle protégés en 1983. Le domaine, toujours propriété de la même famille, comprend un parc redessiné au XIXe siècle (aujourd’hui partiellement occupé par un golf), une ferme du XVIe siècle avec colombier, et des dépendances comme les anciennes écuries, dont le pignon à échauguette rectangulaire est remarquable.
Les haies cynégétiques constituent l’élément le plus original du site : longues balustrades sculptées de 20 chiens chacun en position de chasse, encadrant des bustes antiques ou des effigies des seigneurs de Raray. Leur iconographie célèbre la passion cynégétique de Nicolas de Lancy, influencé par son épouse florentine et ses voyages en Italie. La Porte rouge, contemporaine des balustrades, symbolise quant à elle l’entrée vers les territoires de chasse, avec sa Diane assise entre deux lévriers.
Le mur d’enceinte, datant de 1610–1620, complète ce dispositif défensif et esthétique. Quatre tourelles d’angle (sans meurtrières) et le pignon des écuries, doté d’une échauguette rectangulaire rare, sont inscrits aux Monuments historiques. Bien que le jardin anglais créé par Thomas Blaikie entre 1811 et 1828 ait disparu, le parc conserve des traces de son aménagement paysager, aujourd’hui intégré au golf aménagé en 1988.