Origine et histoire du Château de Recoules
Le château de Recoules, situé en bordure de l'Olip à Recoules-Prévinquières (Aveyron), trouve ses origines au Moyen Âge. Dès le XIIIe siècle, la seigneurie appartient à la famille de Garceval, qui la transmet par alliance sur plusieurs générations. Les Aymeri se succèdent du XIIIe au XVIe siècle, marquant l'histoire du lieu par des mariages stratégiques avec les familles Ricard, Prévinquières ou Caylus. La lignée s'éteint avec Marie Félicie de Garceval, dont le mariage en 1742 avec Philibert Louis de Lastic Saint-Jal fait passer le domaine à cette nouvelle famille.
Au XVIIIe siècle, le château entre dans la famille Lévezou de Vézins par le mariage de Marie Claudine de Lastic avec François III en 1765. Le domaine reste dans cette lignée jusqu'en 1853, date à laquelle le baron Marc-Antoine-François de Gaujal l'acquiert et lui donne son aspect actuel. Ce dernier, historien du Rouergue, transforme l'édifice en un château néomédiéval avec quatre corps de logis cantonnés de tours, tout en préservant des éléments anciens comme le portail du XVIIe siècle. Les intérieurs, remaniés, abritent des décors peints, des parquets marquetés et des toiles, reflétant le goût éclectique du XIXe siècle.
Le château, inscrit aux monuments historiques en 2001 pour ses façades, toitures et pièces remarquables (salon, bibliothèque, galerie), conserve des traces de ses propriétaires successifs. Les armoiries des familles Garceval, Lastic ou Gaujal, décrites dans les sources, témoignent de cette histoire mouvementée. Après le baron de Gaujal, le domaine passe à Mademoiselle Capelle, petite-fille du baron Capelle, avant de devenir une propriété privée non ouverte à la visite. Les archives mentionnent son rôle dans la vie locale, entre seigneurie médiévale et résidence aristocratique moderne.
Les sources historiques, comme les travaux d'Hippolyte de Barrau ou les études du marquis de Valady, soulignent l'importance du château dans l'histoire du Rouergue. Son architecture, mêlant Moyen Âge et transformations du XIXe siècle, en fait un exemple caractéristique des châteaux aveyronnais. Les éléments protégés (escalier, salle à manger, chambre aux perroquets) illustrent cette dualité entre héritage médiéval et embellissements récents, typiques des résidences nobles de la région.