Frise chronologique
vers 1030
Acquisition initiale
Acquisition initiale
vers 1030 (≈ 1030)
Début de la propriété familiale millénaire
1424
Transmission aux Soyécourt
Transmission aux Soyécourt
1424 (≈ 1424)
Héritage après les Tyrel et Soissons-Moreuil
1553
Cheminée datée
Cheminée datée
1553 (≈ 1553)
Gravure dans la bibliothèque
1850
Escalier sculpté
Escalier sculpté
1850 (≈ 1850)
Œuvre des frères Duthoit
XIXe siècle
Rénovation néogothique
Rénovation néogothique
XIXe siècle (≈ 1865)
Travaux du comte d’Hinnisdal et Herbault
1914-1918
Occupation anglaise
Occupation anglaise
1914-1918 (≈ 1916)
Première Guerre mondiale
1939-1945
Hôpital allemand
Hôpital allemand
1939-1945 (≈ 1942)
Seconde Guerre mondiale
1961
Restauration
Restauration
1961 (≈ 1961)
Comte Raymond de Nicolaÿ
29 juillet 1976
Inscription partielle
Inscription partielle
29 juillet 1976 (≈ 1976)
Façades et toitures protégées
27 avril 2005
Protection ferme-modèle
Protection ferme-modèle
27 avril 2005 (≈ 2005)
Classement supplémentaire
20 juin 2006
Classement global
Classement global
20 juin 2006 (≈ 2006)
Domaine entier protégé
2008
Transmission au Conservatoire
Transmission au Conservatoire
2008 (≈ 2008)
Gestion partagée avec la famille
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Classé MH
Personnages clés
| Comte d’Hinnisdal - Propriétaire et mécène |
Rénovation néogothique au XIXe siècle |
| Jean Herbault - Architecte |
Conception du château et parc |
| Louis-Sulpice Varé - Paysagiste |
Création du parc de 135 ha |
| Frères Duthoit (Aimé et Louis) - Sculpteurs ornementistes |
Escalier et décors intérieurs |
| Comte Raymond de Nicolaÿ - Restaurateur et descendant |
Travaux de 1961 et transmission |
Origine et histoire
Le château de Regnière-Écluse, situé en Picardie maritime (Hauts-de-France), est un ensemble architectural néogothique du XIXe siècle, incluant un parc, une réserve de chasse et une ferme-modèle. Acquis vers 1030, le domaine est resté dans la même famille pendant près d’un millénaire, passant des Tyrel et Soissons-Moreuil aux Soyécourt à partir de 1424. Une cheminée datée de 1553, dans la bibliothèque, témoigne de son histoire ancienne.
Au XIXe siècle, le comte d’Hinnisdal confia à l’architecte Jean Herbault la rénovation du château et du parc, inspiré des domaines anglais. Le parc, conçu par Louis-Sulpice Varé, s’étend sur 135 hectares, avec 138 000 arbres plantés et une percée centrale de 2,5 km. Une ferme-modèle et deux parcs à gibier, rares pour l’époque, complètent l’ensemble.
Pendant les deux guerres mondiales, le château fut occupé : par l’armée anglaise en 1914-1918, puis réquisitionné par les Allemands en 1939-1945 comme hôpital. Délaissé après-guerre, il servit de colonie de vacances avant d’être restauré en 1961 par le comte Raymond de Nicolaÿ, descendant des propriétaires historiques. Le domaine, classé monument historique en 2006, fut transmis au Conservatoire du littoral en 2008, tout en restant partiellement habité par la famille.
Le château, orné par les frères Duthoit (sculpteurs amiénois), abrite une chapelle privée, des salons et un grand escalier de 1850, transporté par chemin de fer. Le parc, structuré autour d’un plan d’eau traversé par la Maye, inclut des ruines reconstituées évoquant le château primitif. Aujourd’hui, sa gestion est assurée par une association dédiée à sa sauvegarde.
Le domaine a servi de décor à des productions cinématographiques, comme Le Flux et le Reflux (série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie, 2014) et Murder Party (2022), mettant en valeur ses intérieurs (caves, salons, chapelle) et ses jardins. Ces tournages ont contribué à sa notoriété contemporaine.
Les protections successives (1976 pour les façades, 2005 pour la ferme-modèle, 2006 pour l’ensemble du domaine) couvrent 815 hectares, incluant massifs forestiers et parcelles agricoles. Ce classement souligne son importance patrimoniale, alliant histoire millénaire, architecture néogothique et paysages remarquables.