Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Regnière-Écluse dans la Somme

Château de Regnière-Écluse

    49 Rue du Régiment de la Chaudière
    80120 Regnière-Écluse

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1030
Acquisition initiale
1424
Transmission aux Soyécourt
1553
Cheminée datée
1850
Escalier sculpté
XIXe siècle
Rénovation néogothique
1914-1918
Occupation anglaise
1939-1945
Hôpital allemand
1961
Restauration
29 juillet 1976
Inscription partielle
27 avril 2005
Protection ferme-modèle
20 juin 2006
Classement global
2008
Transmission au Conservatoire
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Comte d’Hinnisdal - Propriétaire et mécène Rénovation néogothique au XIXe siècle
Jean Herbault - Architecte Conception du château et parc
Louis-Sulpice Varé - Paysagiste Création du parc de 135 ha
Frères Duthoit (Aimé et Louis) - Sculpteurs ornementistes Escalier et décors intérieurs
Comte Raymond de Nicolaÿ - Restaurateur et descendant Travaux de 1961 et transmission

Origine et histoire

Le château de Regnière-Écluse, situé en Picardie maritime (Hauts-de-France), est un ensemble architectural néogothique du XIXe siècle, incluant un parc, une réserve de chasse et une ferme-modèle. Acquis vers 1030, le domaine est resté dans la même famille pendant près d’un millénaire, passant des Tyrel et Soissons-Moreuil aux Soyécourt à partir de 1424. Une cheminée datée de 1553, dans la bibliothèque, témoigne de son histoire ancienne.

Au XIXe siècle, le comte d’Hinnisdal confia à l’architecte Jean Herbault la rénovation du château et du parc, inspiré des domaines anglais. Le parc, conçu par Louis-Sulpice Varé, s’étend sur 135 hectares, avec 138 000 arbres plantés et une percée centrale de 2,5 km. Une ferme-modèle et deux parcs à gibier, rares pour l’époque, complètent l’ensemble.

Pendant les deux guerres mondiales, le château fut occupé : par l’armée anglaise en 1914-1918, puis réquisitionné par les Allemands en 1939-1945 comme hôpital. Délaissé après-guerre, il servit de colonie de vacances avant d’être restauré en 1961 par le comte Raymond de Nicolaÿ, descendant des propriétaires historiques. Le domaine, classé monument historique en 2006, fut transmis au Conservatoire du littoral en 2008, tout en restant partiellement habité par la famille.

Le château, orné par les frères Duthoit (sculpteurs amiénois), abrite une chapelle privée, des salons et un grand escalier de 1850, transporté par chemin de fer. Le parc, structuré autour d’un plan d’eau traversé par la Maye, inclut des ruines reconstituées évoquant le château primitif. Aujourd’hui, sa gestion est assurée par une association dédiée à sa sauvegarde.

Le domaine a servi de décor à des productions cinématographiques, comme Le Flux et le Reflux (série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie, 2014) et Murder Party (2022), mettant en valeur ses intérieurs (caves, salons, chapelle) et ses jardins. Ces tournages ont contribué à sa notoriété contemporaine.

Les protections successives (1976 pour les façades, 2005 pour la ferme-modèle, 2006 pour l’ensemble du domaine) couvrent 815 hectares, incluant massifs forestiers et parcelles agricoles. Ce classement souligne son importance patrimoniale, alliant histoire millénaire, architecture néogothique et paysages remarquables.

Liens externes