Origine et histoire du Château de Rennes-sur-Loue
Le château de Rennes-sur-Loue, situé en bordure nord du village sur la rive gauche de la Loue (Doubs), trouve ses origines au XVIe siècle sous la famille Raguz. La structure actuelle, cependant, date principalement de la première moitié du XVIIIe siècle, période où elle fut remodelée. La famille Girod, originaire de Rennes, en devient propriétaire en 1753 et y ajoute une grande orangerie en 1829, symbole de prestige aristocratique. Ce corps de logis rectangulaire, long de 40 mètres, présente une façade soulignée de bandeaux et des combles percés de lucarnes, reflétant l’élégance classique de l’époque.
L’histoire du château est liée à Antoine-Joseph Girod, juge général visiteur des salines de Salins-les-Bains à la fin du XVIIIe siècle. Ses descendants acquirent les seigneuries de Miserey et de Rennes-sur-Loue, consolidant leur influence locale. L’orangerie, ajoutée en 1829, et les jardins en terrasse témoignent des aménagements luxueux typiques des résidences nobles. Une source-lavoir alimente le ruisseau Grande Fontaine, qui traverse la propriété avant de se jeter dans la Loue, ajoutant une dimension paysagère remarquable.
Classé Monument Historique par arrêté du 27 décembre 2000, le château protège son corps de logis, ses décors intérieurs (dont un grand escalier), les façades des bâtiments annexes, ainsi que les jardins, le canal et son pont. Aujourd’hui propriété de Bertrand de Guillebon, descendant de Marguerite de Resnes (sœur d’Antoine-Joseph Girod), le domaine perpétue un héritage familial ininterrompu depuis le XVIIIe siècle. Les Guillebon, actuels propriétaires, descendent également des copropriétaires du château de Resnes, renforçant les liens patrimoniaux régionaux.
Architecturalement, le château allie rigueur classique et éléments pittoresques, comme les avant-corps encadrant la cour ou la terrasse ouvrant sur le parc. Le ruisseau Grande Fontaine, longant les terrasses, et le pont de pierre en aval illustrent l’intégration harmonieuse du bâti dans son environnement naturel. Ces caractéristiques, couplées à son histoire familiale, en font un exemple emblématique du patrimoine franc-comtois.