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Château de Reynel en Haute-Marne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Reynel

    1 Grande rue 
    52700 Reynel
Propriété privée
Crédit photo : C DIMEY 5252 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
1500
1600
1700
1800
1900
2000
757
Érection en comté
1560
Élevation en marquisat
1763-1772
Reconstruction du château
1844
Achat par les Collin de Civry
1942
Début des restaurations
1989
Classement MH partiel
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; au rez-de-chaussée : salle à manger avec ses lambris 18s, salon avec ses lambris 18s donnant au sud sur la terrasse, ancienne cuisine, chambre à four ; au premier étage : grand salon ovale 18s avec son décor sculpté dans l'aile nord-est, bibliothèque avec ses lambris 18s, chambres avec leurs lambris 18s dans l'aile sud-est ; salles voûtées de la tour nord-ouest (cad. D 171) : inscription par arrêté du 21 novembre 1989

Personnages clés

Pépin le Bref - Roi des Francs Érige Reynel en comté en 757.
François II - Roi de France Élève Reynel en marquisat en 1560.
Claude-Adrien de la Rue, comte de Mareilles - Reconstructeur du château Acheteur en 1763, bâtisseur de l’édifice actuel.
Henri Charles Louis de Beurges - Comte propriétaire au XIXe Époux d’Alexandrine de Rohan-Chabot, proche de Verlaine.
Alexandrine de Rohan-Chabot - Amie de Mathilde Mauté Hôtesse de Verlaine au château.
Paul Verlaine - Poète symboliste Y composa des vers lors de séjours.

Origine et histoire

Le château de Reynel, situé dans la Haute-Marne à 30 km au nord de Chaumont, occupe un éperon escarpé qui en fit un poste de défense avancé dès le Moyen Âge, face au Saint-Empire puis à la Lorraine. La seigneurie, érigée en comté en 757 par Pépin le Bref puis en marquisat en 1560 par François II, appartint aux familles de Joinville et d’Amboise. Ravagé par les guerres de Religion et la guerre de Trente Ans, le château était en ruines au XVIIe siècle.

En 1763, Claude-Adrien de la Rue, comte de Mareilles, acquiert les lieux et fait raser les vestiges médiévaux — sauf une tour ronde — pour reconstruire entre 1763 et 1772 l’édifice actuel. Le château, de style classique, se compose d’un long corps de logis flanqué de deux pavillons en biais, avec une terrasse aménagée à l’emplacement de l’ancien donjon, offrant une vue sur une vallée boisée et un plan d’eau. Au XIXe siècle, la famille Collin de Civry, puis les comtes de Beurges, y apportent des modifications mineures, comme un pavillon entre deux tours rondes.

Classé à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1989 pour ses façades, toitures et décors intérieurs (lambris du XVIIIe siècle, salon ovale, bibliothèque), le château est aussi lié à l’histoire littéraire : Alexandrine de Rohan-Chabot, épouse du comte Henri de Beurges, y reçut Mathilde Mauté, épouse de Paul Verlaine, qui y composa des vers. Depuis 1942, des restaurations successives ont permis sa préservation, évitant l’abandon.

Les éléments protégés incluent les salles voûtées de la tour nord-ouest, la salle à manger et son salon donnant sur la terrasse sud, ainsi que des chambres et une ancienne cuisine. Bien que la chapelle ait disparu, l’ensemble illustre l’évolution d’une forteresse médiévale en résidence aristocratique, marquée par les conflits et les reconstructions.

La commune de Reynel, dans le Grand Est, conserve ainsi un témoignage architectural des rivalités frontalières entre royaumes, transformé en un lieu de vie et de culture aux XVIIIe et XIXe siècles. Les familles propriétaires — de Mareilles, Collin de Civry, puis de Beurges — ont marqué son histoire, tandis que sa localisation stratégique en fit un enjeu militaire avant de devenir un patrimoine préservé.

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