Origine et histoire
Le château de Robersart, situé à Wambrechies dans le département du Nord, trouve ses origines au Xe siècle comme résidence seigneuriale. À l’emplacement actuel se dressait initialement le château de Leuringhien, construit au XIIIe siècle, avant de s’effondrer au XVIIe siècle en raison de l’instabilité des sols proches de la Deûle. Sa reconstruction en 1760, commandée par Louis Joseph de Broide, seigneur local, lui donne sa forme en « U » caractéristique, mêlant style Renaissance et adaptations ultérieures.
Au XIXe siècle, le château change de mains à plusieurs reprises : racheté en 1810 par le vicomte de Quévy, maire de Wambrechies pendant 40 ans, il subit d’importants aménagements. En 1866, sa nièce, la comtesse Juliette de Robersart, en hérite et devient la dernière châtelaine. Le bâtiment, progressivement délaissé, voit son aile Renaissance s’écrouler en 1900, année de sa mort. La même période marque un tournant avec sa cession à la paroisse en 1912, transformant les lieux en école et patronage jusqu’en 1959.
La municipalité acquiert le château en 1982 pour un franc symbolique, lançant une restauration colossale par phases jusqu’en 2019. Les travaux incluent la stabilisation des fondations (pieux en béton à 15 mètres de profondeur), la reconstruction de l’aile droite après une explosion en 1997, et la rénovation complète des intérieurs. Parallèlement, le parc de 9 hectares, inscrit aux jardins remarquables, est réaménagé avec un jardin pédagogique et une roseraie de 75 variétés, devenant un poumon vert pour la ville.
Depuis les années 1990, le château abrite des équipements culturels et sociaux : le musée de la Poupée et du Jouet ancien (ouvert en 1998), une crèche, une école de musique, et des associations locales (danse, yoga, chorale). Ces activités, couplées à des manifestations organisées par l’association Sauvegarde du château de Robersart (créée dans les années 1970), en font un lieu central de la vie communautaire.
L’histoire du château reflète les transformations sociales de Wambrechies : d’une résidence seigneuriale médiévale à un espace public multifonction, en passant par un rôle éducatif sous l’égide de l’Église. Les travaux de restauration, étalés sur 30 ans, illustrent l’engagement municipal pour préserver ce patrimoine, tout en l’adaptant aux besoins contemporains.